Yetikicourt
| Sports » Rando Doménons Grand Colon le 02/07/06 |
Ca commençait mal, je me pointe au tram et le prochain était dans 27mn ...
J'avais juste oublié que le Dimanche, c'était un tram toute les demi-heures.
Bref, je suis arrivé au rendez-vous Gare de Gières avec un bon 1/4 d'heure de retard.
Fleurfi,Quicky, Tao et Waterproof étaient là. On attendait encore Fredastair,
mais finalement il devait être pressé parce qu'il nous attendu directement aux Granges de Freydières.
C'est pratique, finalement, le portable.
On monte donc à deux voitures récupérer Fredastair et on gare les voitures un peu plus haut à Pré Raymond.
Départ aux environs de 1350m... dans la mauvaise direction.
C'est-a-dire qu'au bout d'une 1/2 heure je me rends compte qu'on a pris l'itinéraire à l'envers de ce qui était prévu et peut-être préférable.
Pas grave, mais un peu vexant.
On quitte rapidement la route forestière pour un chemin un peu raide qui a tendance à grimper tout droit.
Il fait encore à peu près frais et on est à l'ombre.
N'empêche qu'une pause boisson s'organise assez vite.
Après une bonne série de lacets bien tracés ... non ne pas couper, ça ravine ! ... le chemin part en traversée avant de sortir de la forêt.
On double une famille. Tous les adultes ont des lunettes de soleil, mais le gamins de 5 ou 6 ans, eh ben non.
C'est bien connu, les enfants n'ont pas les yeux fragile ... 
Le lac est presque en vue. En tous cas, on voit la conduite forcée qui devait alimenter une usine dans la vallée.
La papèterie de Domène ou une centrale électrique ?
Pause et minute botanique. On a la chance d'avoir ensemble le Vérâtre (Véraire ou Héllébore Blanc) blanc aux larges feuilles alternes,
et la gentiane ponctuée aux larges feuilles opposées.
A cette saison, on ne les confond pas trop parce que les fleurs sont bien différentes. Et mieux vaut éviter parce que le vérâtre est toxique.
Cela dit, ne vous étonnez pas de le trouver mangé dans les pâturage, parce que s'il est toxique pour les vaches (et l'homme) il ne l'est pas pour les moutons.
Etonnant, non ?
Aller, encore un effort et nous voilà au Lac du Crozet à 1974m d'altitude.
Au départ, on n'en voit qu'un morceau mais il se découvre petit à petit dominé par les parois du Rocher Mottin et de la Roche Fendue.
Herbe rase et jolie fleurs (gentianes de Koch, trèfle des alpes,inévitables renoncules jaunes et rhodos ... sphaigne dans une zone bien humide et oseille sauvage, merci Fleurfi),
et odeur de végétaline. Hein ?
Oui, oui, c'est Fredastair qui nous assure qu'il y a une odeur très particulière qui ressemble à celle de la végétaline.
Bon, il fait pourtant encore frais et le soleil n'a pas trop tapé ...
En fait un peu plus tard dans la journée, il nous fait remarquer la même chose. Et là effectivement je sens quelque chose.
Une odeur d'ailleurs familière mais que je n'avais jamais rapprochée de celle de la végétaline.
N'empêche que je ne sais quand même pas ce que c'est. Le mystère restera donc entier.
Bon après quelques photos, on repart en direction du Col de La Pra (2150m / D+ 800m). Pentes faciles et chemin agréable au milieu de la pelouse alpine.
Au col, la pause s'impose. Refaire un peu le plein d'énergie.
On fait bien, parce que la suite va êter moins drôle.
On remonte en rive droite du déversoir des Doménons. Belle cascade sur notre droite.
Je suis en arrière pour cause de photo et pour ne laisser personne seul derrière. La pente à l'air de causer quelques soucis ...
Le chemin traverse une zone bien humide, un peu tourbeuse.
Une fois traversée, on se demande bien par où passe la trace.
C'est à dire qu'en fait on s'est laissé guidé par une trace jusque dans un pierrier où elle se perd un peu.
Cela dit, on est conforme à ce que dit la carte. Le sentier s'éloigne du déversoir et vient passer sous les barres inférieure de la Grande Lance de Domène.
Pas facile à suivre. Et la pente est forte. Passage délicat, donc, avec le risque de faire tomber des caillasses.
C'est d'ailleurs pour ça que j'ai suggéré au randonneur au dessus de nous de rejoindre la trace que nous suivions ... Pas seulement pour lui éviter un passage difficile.
Après la zone de pierrier en forte pente, on retrouve des pentes plus faciles où la trace est plus nette. Il semble en exister une autre qui est utilisée par ceux qui descendent.
Elle semble d'abord plus directe et mieux tracée en haut, mais on ne voit pas par où elle passe en bas ... dans une grosse casse ?
Encore un petit effort et nous voilà au Lac du Petit Doménon. Beau bleu sous des roches sombres et drôle de glaçon au milieu.
L'endroit est joli et accueillant. Je ne nommerai personne, mais la faim en rend certain(e) légèrement agressif 
Je me marre, parce que dans ces conditions, tout le monde réagit un peu pareil et c'est un truc que je connais bien.
Bon là rien de grace et on poursuit quand même jusqu'au Lac du Grand Doménon. C'est 200m plus loin et à peu près à la même altitude (2380m / D+ 1030m).
L'ambiance est assez différente, le lac est plus rond et le paysage plus ouvert sur un grand vallon qui monte vers le N/E.
Je crois que l'on a mis env. 3h30 pour arriver là. A vrai dire, peu importe.
Le lac est plus gelé que l'autre. Un grand névé sur la rive en face tombe directement sur une sorte de mini banquise. Au dessus, le sommet du Grand Doménon.
Au bout du vallon , le Névé de la Grande Pente donne accès à un col (du Bâton). La Croix de Belledonne est au delà, cachée par les Rochers Rouges et le Pic Couttet.
Ca doit faire long pour monter là haut ... Tiens, il y a du monde dans le névé ... belles ramasses sans doute.
Pique nique en plein cagnard. Pas froid du tout. Ca cuit même .
Après la sieste, retour vers le premier lac. Pause photo, remplissage de gourde à une source repérée à la montée, et me voilà largement à la traîne.
Les autres m'attendent près du déversoir. Tiens Fredastair à traversé et se trouve sur un sentier.
Ah mais oui bon sang mais c'est bien sûr . La carte montre un sentier qui rejoint presque directement le Refuge de La Pra.
Il y a juste la partie sous le lac qui n'est pas clairement indiquée. Eh bien voilà, on passe par là.
Ca nous évitera l'affreux pierrier. Bon, de ce côté ce n'est pas non plus extraordinairement confortable.
Arrivé en vue du chemin du GR, il faut de nouveau traverser le déversoir. Merci les bâtons.
Ah, tiens Fleurfi et Quicky nous la joue perso / Indiana un peu plus haut et balancent les sac pour traverser plus à l'aise.
Bon, le principal, c'est que personne ne finisse au bouillon, hein.
Le refuge est juste en dessous, en plein travaux. Petite pause et direction le lac Merlat.
On rattrappe un groupe qui se demande s'ils sont sur le bon sentier. Je leur explique qu'ils vont passer par un vallon où je suis passé une fois, en me perdant.
J'aurais pas dû ajouter ça, parce que du coup, ils ont pris le chemin "normal".
Autre minute botanique avec des plantes typiques des reposoirs d'animaux, dites nitrophiles. Entre autre des oseilles.
Ah, et puis aussi des linaigrettes typiques des zones humides et tourbeuses. Si vous voyez ça, n'allez pas vous rouler dans l'herbe ou planter la tente ...
c'est (très) moelleux, mais (très) mouillé 
Le sentier se faufile dans un vallon et descend vers le Lac Merlat en passant un marigot en voie d'assèchement. On vient de perdre 65m depuis le refuge, 340 depuis les Lacs.
Contrairement aux autres, le lac Merlat est très encaissé. En faire le tour n'est pas forcément évident. Surtout le nez en l'air à chercher par où on va bien pouvoir monter au Grand Colon.
Une fois repéré, le sommet fait un peu épouvantail. Il n'y a que 350m monter, mais ça a l'air coton.
On croise un groupe qui en redescend. OK, le sentier démarre le long du torrent qui alimente le lac. On ne le verra qu'une fois arrivé dessus.
Pause trempette, petit poissons et abricots secs avant d'attaquer la pente.
Ca commence doucement dans l'herbe, mais rapidement le sentier se durcit.
Heureusement il reste assez bien tracé dans un pierrier assez interminable sous le chaud soleil de fin d'après-midi.
N'empêche que ça grimpe, et qu'il faut ne pas laisser seul ceux qui ont du mal. Même s'il fait beau et qu'il n'y a rien à craindre c'est plus prudent.
Ca évite les coups de calcaire. Prendre son temps, essayer de marcher doucement et régulièrement. Et si on s'arrête, eh bien on repart doucement, hein ?
Tiens, dans des cas comme ça, les bâtons aide bien.
On croise une petite famille qui descend. Ils font l'itinéraire dans l'autre sens sans passer par les Doménons.
Mais quand même, il est 16h30 et ils ont un gamin dans un porte bébé et un autre de 4 ou 5 ans qui marche tant bien que mal... avec ses baskets.
Evidemment, les parents ont des godasses de marche. Bizarre, quand même. Heureusement que la météo est sans problème.
Bref, la pente s'adoucit, on retrouve de l'herbe puis le sommet (2394m, soit la même altitude que les lacs du Doménon).
Eh bien, ça vaut le coup d'y arriver : quel panorama !
Vers l'est, on voit le Lac Longet, bleu noir, et juste au dessus un déversoir nous amène jusqu'au Lac David.
A nos pied, le Lac Merlat, un peu plus turquoise. et entre les deux, le Lac Bernard.
Au loin vers Chamrousse, ce sont les Lacs Roberts. Et très au sud, de l'autre côté de la Romanche à droite du Taillefer, ce sont les Lacs de Laffrey.
Le Vercors est un peu dans la brume, mais on distinue le Mont Aiguille en ombre chinoise, et plus à l'est un bout de l'Obiou.
Au Nord, en se penchant un peu, on aperçoit le début du massif du Mont Blanc. Il fait assez clair malgré la chaleur.
Des planeurs et des parapentistes nous survolent. A nos pied,la vallée de l'Isère, et ses terrasses perchées de chaque côté. Vallée d'Allevard et Petites Roches.
Au dessus des Petites Roches la Dent de Crolles. Plus loin, le Chamechaude et les Som. Charmant et Grand.
Ah, Et on prononce "son" et pas "somme", sinon ça fait parigot 
Tiens, on n'en a pas beaucoup parlé, mais ça vaut le coup de s'arrêter un peu sur la géologe du coin.
VOus savez sans doute que les Alpes sont le résultat de la fermeture d'un océan (la Thétys) coincé entre l'Afrique et l'Europe.
Un petit bout avancé de l'Afrique nous est passé par dessus. Les Dolomites en sont le témoin. Le Cervin aussi je crois.
Et des bout de plancher océanique se retrouvent coincés du côté du Queyras et du Mont viso en Italie.
Tout ça est récent. Environ 30 Millions d'années.
Belledonne/Grande Rousse, ce sont des roches remontées à la surface au moment de la formation des Alpes, mais qui conserve les traces d'une chaîne de montagne,
un Himalaya, bien plus ancien. Environ 300 à 400 Millions d'années. Et Le Grand Colon est constitué de roches du plancher de l'océan qui s'est refermé à cette époque là.
Et quand je dis plancher, je ne parle pas des sédiments ou des récifs coralliens (genre Vercors).
Il s'agit bien des roches volcaniques qui s'épanchent au niveau des dorsales et forment donc le fond.
Bref, je ne sais pas vous, mais moi ça continue de me fasciner ces histoires là ... marcher au sommet d'une montagne sur le fond d'un océan ... ou vice versa ...
Bon, après avoir attaqué le pâté en croûte (merci Waterproof), il faut attaquer la descente. Et d'abord trouver le sentier.
Je n'aimerai pas être là par mauvais temps. Pas un point de repère sur ce dos tout pelé.
Le début est très caillouteux et occasionne quelques glissades plus ou moins mal contrôlées.
Quand on arrive en vue de la cabane du Grand Colon, on rejoint la zone de pelouse et des pentes plus douces.
Le chemin serpente maintenant beaucoup plus tranquilement, faisant même un grand détour. Bien confortable ma foi.
Il y a une source à la cabane (1750m), mais le tuyau a la mauvaise idée d'être noir et en plein soleil !
Bon, on repassera pour l'eau fraîche.
De toutes façons, on rejoint rapidement la forêt et donc une ombre bienvenue.
Mais le sentier n'en finit plus de zigzaguer ... et de ne pas sembler se rapprocher du parking.
Après une hésitation à un carrefour pas mentionné sur la carte, on retrouve une route forestière et le parking des 4 chemins.
Les voitures sont à moins d'1km.
Ca fait quand même une bonne dizaine d'heures, pauses comprises, et surtout 1100m de descente en continue à la fin de la journée.
Fin d'une superbe journée de montagne, et d'une rando aux paysages et ambiances asseze variées.
...
Ah non, ce n'est pas fini. J'allais oublier la pression au bar des Granges de Freydière. Après l'effort le réconfort ! |
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| Sports » Le Tour de la Croix de Chamrousse |
Après la défection de WaterProof terrassé par la clim , celle de Paulo qui n'était de toutes façons pas sûr de venir,
et pour finir celle de mon réveil qui n'a pas sonné, qu'est-ce que je fait ?
J'opte pour le stop à partir de Gières sur la route d'Uriage.
Direction Gières Gare. Personne.
En plus je suis en retard, parce que je me suis rendu compte en allant au tram que j'avais oublié je ne sais plus quoi.
Je suis donc retourné chez moi et j'ai laissé passer un tram !
Arrivé à Gières, je m'aperçois que j'ai aussi oublié de prendre la gourde. Super !
Bref, je finis par trouver de l'eau puis par être pris en stop par un gars qui monte là haut faire une course d'orientation.
Je vais donc monter à Chamrousse, essayer de faire le moins de piste de ski possible, et aviser en fonction du temps, pour l'instant dans le genre "beau mais ça va pas durer".
Départ : Recoin de Chamrousse 1650m vers 9h30.
Le chemin (GR549) démarre sur une piste de ski en laissant un télésiège à main droite.
On quitte rapidement le GR qu'on laisse partir à droite pour passer un col. Après la piste de Casserousse,on entre dans une zone de pentes boisées.
Chemin facile et agréablement frais. Au carrefour avec le GR de pays des Forêts et Lacs d'Uriage à Chamrousse, on passe le long d'une marre.
Tiens, des gentianes ponctuées. On n'en voit pas souvent, mais aujourd'hui, j'en verrai un peu partout. Elles sont jaunes mais plus basses que la grande gentiane jaune ... mais si, vous savez bien, celle des apéros
Pour l'instant le soleil est de la partie, et éclaire les quelques rhodos en fleur.
Le chemin descend dans une dépression humide avant d'attaquer la montée, facile, vers le lac des pourettes.
Le lac, derrière son verrou rocheux semble en voie de comblement.
Lieu idéal pour une petite pause café, à l'ombre parce que le soleil donne bien. Et derrière, il faut grimper la brèche Robert Sud.
Il n'y a qu'environ 300m de D+ avant les Lacs, en partie dans un chaos rocheux où il faut être vigilent.
C'est la seule partie un peu difficile, et la brèche est franchie sur une zone plus calme où l'on commence à voir des anémones pulsatiles.
Les lacs est en vue juste en dessous, dominé par le Grand Van et le Grand Sorbier, sentinelles sombres sous les nuages qui sont maintenant bien présents et rendent l'ambiance pesante.
A propos, j'ai mis 2h pour arriver là, soit le temps indiqué en bas, en marchant assez tranquillement et malgré une pause un peu longue due à un coup de fil ...
oui, je sais un portable ça s'éteint ... mais là, j'ai des circonstances atténuantes ... quoi ? ... je vais pas vous raconter ma vie non plus !
Tout est sombre autour, univers minéral et eau noire sous le ciel sombre.
Pause casse croûte rapide au bord du lac. Il y a quelques groupes éparpillés autour, malgré le temps.
Que faire ?
Je n'ai aucune envie de me refaire la Croix de Chamrousse et les pistes. Mai pas question de risquer un itinéraire long par Le Lac Long pour rejoindre La Pra. J'avais envie d'explorer un peu le coin, mais c'est pas le jour.
La météo n'est pas à la grande vadrouille. Je ne tiens pas à me prendre un orage dans un coin trop isolé.
Conciliabule avec moi même ... entre envie de montagne et prudence ... choisir le moyen terme.
Je me dirige donc vers le Col des Lessines 150m au dessus des lacs au pied du Grand Van. Univers de plus en plus minéral et de plus en plus sombre.
Je croise des randonneurs qui me demandent une photo. Echange de bon procédé, il me feront aussi une photo.
Pas trop de palabre, le temps ne s'y prête pas. Il semble qu'il font la même rando que moi, mais à l'envers.
Bon, je passe le col avec la certitude que je vais me faire saucer. Le Taillefer est sous les nuages, comme derrière un rideau. Mais pas d'orage en vue.
En fait, ça ressemble plus à du simple mauvais temps. Pas de cumulo nimbus, gros choux fleur ou nuage en enclume.
Mais ça va mouiller. Je passe la vitesse supérieure et je cours dès que possible. Au col de la Botte, il reste quelques névés.
Il est env. 12h30.
A peine un regard au roches, qui me rappelle quelque chose. Vertes, parfois sombres, ou "truitées".
Il y a les mêmes dans le Queyras ... témoins d'un océan perdu, englouti entre deux continents.
Mais celles du Queyras sont jeunes, contemporaines de la surrection des Alpes. 30 Millions d'années.
Celles-ci sont bien plus vieilles, témoins de la collision d'avant, celle qui a construit un himalaya en Europe occidentale, il y a environ 300 millions d'années.
Bref, pas vraiment le temps non plus de regarder les petits lacs en contrebas, au milieu des pierriers.
Je croise des randonneurs en sens inverse. Ils vont se faire mouiller à la Croix de Chamrousse, mais bon ils sont équipés.
Tiens, premières gouttes.
Le sentier bien tracé rejoint le col de l'Infernet. Cette fois, la pluie est bien de la partie. Pas trop forte, mais le vent se lève.
Un peu frais, mais ça reste tranquille. Pas la tempête, pas la crainte du gros orage.
En franchissant le col, on passe d'un univers minéral à un vallon bien plus vert, et plus rassurant vu le contexte.
Le Lac Achard est dessous. Un peu la plage. Pas mal de monde.
Des fantômes bleus, oranges, rouges, verts ... randonneur sous les ponchos.
Je finis par m'arrêter sous un pin pour sortir le coupe vent imper, casser une graine vite fait, et couvrir le sac.
Et ça repart plus ou moins en courant. Encore une petite photo pour des randonneurs qui posent sous un arbre mort, devant le lac.
Un peu sinistre ... aurait-il été foudroyé ?
Je repars direction de Chamrousse par "Bachat Bouloud", ... drôle de nom ....
En fait, il y a 3 solutions. Une qui rejoint le haut de Roche Béranger par le bas des pistes, une qui fait un grand détour par le plateau de l'Arselle.
C'est l'itinéraire du GR de pays des Forêts et Lacs d'Uriage à Chamrousse.
Et au milieu celui que j'ai choisi. J'évite les pistes jusqu'à la fin, et ça reste assez court.
Tiens, voilà un drôle de gars tout mouillé avec un dossard et une carte et une boussole en main. Un orienteur à la recherche de la balise suivante.
C'était pas le jour ! Mais bon, ils vont éviter le brouillard, c'est déjà pas mal.
Descente sans histoire dans la forêt. Pluie persistante mais faible. Le taillefer se découvre, ça va se calmer.
Evidemment les cailloux sont glissant, et quand il s'agit de franchir un rocher un peu plus gros, eh ben les deux demoiselles en running elles disent merci à qui pour le bâton sur lequel elles ont pu s'appuyer, hein ?
Ce serait dommage d'abimer vos jolies chevilles, mademoiselle, juste parce que vous avez oublié qu'on ne partait pas en montagne avec n'importe quoi au pied.
Même un intinéraire comme celui là mérite un peu d'attention, c'est pas la plage !
Bon, ben tiens, il ne pleut plus. Ca serait pas le moment de faire une vraie pause pique nique ? Le Taillefer est totalement dégagé et il y a presque du soleil. Une dalle me tend les bras. Tiens, des orienteurs grimpent la pente sur une piste à peine marquée. Mais je ne vois pas mon chauffeur de ce matin.
Je prends mon temps, le soleil se pointe. Dommage, c'est un peu tard pour remonter.
Si j'avais su, j'aurais laisser passer le grain à l'abri aux lacs Roberts. Il y a une cabane.
Sauf qu'on ne sait jamais comment ça peut tourner...
Bon, fin de la rando, retour sur la route. Je redescend sur Grenoble en stop sans trop de difficulté.
La voiture qui me prend est occupée par des gens que j'ai croisé là haut.
Evidemment, j'arrive à Grenoble sous un soleil radieux. J'ai l'air bien c.. avec ma polaire et mon pantalon.
Ca fait une jolie rando très variée pour "pas chère". Pas trop de dénivellée, pas trop longue et pas trop dure à part la zone entre le lac des Pourettes et la Brèche Robert.
En fait ce coin doit effectivement être vraiment délicat en cas de pluie ou quand il est encore enneigé.
Le reste est sur des chemins bien tracés, même dans les pierriers. Et on passe de prairies en lacs ou de pierriers en forêts en très peu de temps et distance.
Dans le sens où je l'ai faite, on a souvent le soleil en face. Ce n'est pas forcément l'idéal. Par contre on arrive chaque fois en dominant les lacs, ce que je préfère à arriver en montant vers les lacs.
Dans l'autre sens, à part arriver par en dessous des lacs, on descend la brèche Robert. Et ce n'est peut-être pas idéal non plus.
A vous de choisir.
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| Sports » Belledonne 2000 : un trail, des lacs et quelques courbatures |
Ca y est, je l'ai fait ! 
Belledonne 2000, c'est un magnifique trail dans des paysages variés, entre zone agricole, forêts, cascades et lacs de montagne encore partiellement gelés en ce printemps qui ne veut pas arriver.
Après 34km, et 1865 (voire même un peu plus de 1900, semble-t-il) de D+/D-, il reste ça :
Une succession de lacs qu'on ne devine parfois qu'à la dernière minute au détours d'un verrou rocheux, et les déversoirs qui serpentent, semblent hésiter entre les moraines herbeuses avant de plonger en cascades vers la vallée.
Mais bon, il a fallu courir, ou marcher c'est selon. Pendant 5h03mn pour ma part... Quand je pense que le 1er met 3h23 ...
Le parcours nous promène d'abord dans les faubourgs de St Martin d'Uriage, de hameau en hameau par des chemins de traverse où l'on alterne rapidement marche et course. Déjà des écarts se creusent et des groupes se forment. Mais rien de bien significatif pour la suite. Je double pas mal de monde, marche derrière des coureurs qui tentent de courir coûte que coûte. Et du coup, je relance mieux.
J'atteins les Seiglières (D+ 475m et 3.7km) en une trentaine de mn. Un ravito bienvenu et le chemin en légère descente nous offre un répit avant d'attaquer la montée vers la Gaffe, puis les chalets (en ruine) de l'Oursière au pied de la cascade. On quitte le soleil et les pistes forestière pour s'engager sur un sentier monotrace qui grimpe assez irrégulièrement dans la forêt et franchit quelques ravins dont l'un était occupé par un névé assez malsain à franchir 10 jours plus tôt. Cette fois, pas de problème, mais je devine un gros boulot de la part des organisateurs pour assainir ce truc.
Le pied de l'Oursière (+1000m) est atteint en 1h10. Ensuite, on s'élève par de beaux lacets qui nous amènent à la sortie de la zone boisée. Ca fait un moment que je navigue dans un groupe qui tourne bien. On discute pour passer le temps, se raconter d'autres courses, se renseigner sur le parcours ... Encore quelques virages et nous voilà sur un replat entre caillasse et lit de ruisseau méandreux et boisé. Dans ce coin, il est facile de perdre la trace, et sur une relance après une hésitation je tappe violemment le genou droit contre un rocher. Ca va ? oui, oui pas de problème (solidarité entre coureurs) Même pas mal ! ... enfin presque ... Le caillou m'a bien entamé la peau. Du coup ça pisse un peu le sang. Un petit détour au ruisseau pour nettoyer ça, et ça repart. Face à nous un vrai mur dans un pierrier, avec des petits points multicolores éparpillés dedans. L'attaque du pierrier est assez rude, et en plein soleil. Mais on passe rapidement à l'ombre, et le chemin grimpe la pente en lacets heureusement assez réguliers. Mais pourquoi certains s'échinent-ils à prendre tous les raccourcis qu'ils trouvent. Non seulement c'est une très mauvaise idée pour les randonneurs ou les bergers qui passent par là, mais en plus le gain de temps ne me semble pas valloir l'énergie supplémentaire dépensée.
Là haut, c'est la porte de la montagne. Pelouse rase, névés et moraines. Quelques soldanelles pointent leur nez à peine la neige fondue. Juste le temps d'un abricot et d'une gorgée d'eau. Un pansement ? Non, merci ça va aller. Il y a le ruisseau pas loin. Les bénévoles sont attentifs, attentionnés . Merci à eux sans qui ces courses n'existeraient pas.
Ruisseau, donc. Un petit coup de nettoyage du genou, et ça repart. Tiens, les balises indiquent qu'il faut traverser. Mais il faut faire un grand pas et encore, on n'est pas sûr de garder les pieds au sec. Un coureur monte un peu plus loin et passe sur 2 ou 3 rochers plus rapprochés. Bon, pas tout à fait sec, mais presque. Et encore, il y a moins d'eau que 10 jours plus tôt! Et beaucoup moins de neige aussi. Cette fois, je suis la trace qui franchit l'épaule sous le Roc de l'Hopital et longe le vallon du Doménon en rive droite. Pas mal de neige dans cette zone. Ah, il y a du monde en face. Des coureurs. Oui mais d'abord il nous faut poursuivre sur ce flanc jusqu'à l'entrée du verrou devant La Pra.
Deux heures de course, 1400m de D+ et 12.9km. Un coin de paradis. Je m'y attarde quelques minutes, discute un peu avec les bénévoles qui pointent chaque dossard, et je grignotte un barre aux céréales et aux germes. Boire un coup. Et c'est reparti. Glissade sur un névé. Un peu d'euphorie le long du lac Claret et du lac Longet. La trace est faite, et il ne reste que peu de neige. Ca va vite, et il faut être vigilent sur les appuis. Profitons en, parce que ce qui suit est beaucoup plus technique. La descente sur le Lac Léama est assez acrobatique. Trace étroite et pierreuse. Névé un peu gelé dans une épingle. Et pas envie de dévaller la pente. Le déversoir se traverse au sec, puis le chemin continue au flanc des pentes de l'Echaillon. On a perdu 120m, qu'il va falloir remonter pour rejoindre les lacs Robert. Je ne suis accompagné que par deux autres coureurs. Pas vraiment de relais, mais chacun est vigilent sur la trace un petit peu délicate à suivre, même si les balises du GR sont bien visibles. Je suis un peu dans le dur. Je ne parviens pas à trouver ma foulée. C'est assez cassant, et j'ai l'impression de me battre avec la pente. Mauvaises sensations. Tiens, une dame en bleue assise dans la montagne avec bouteilles d'eau et abricots secs de rigueur. Merci à vous. Et hop, on repart. Ce coin est très beau, mais pas pour la course ! Déja en venant faire une reconnaissance, j'avais trouvé ça difficile. Bref, on arrive enfin dans la zone des Lacs Robert. Pause, énergie et photo. Il fait toujours très beau.
En point de mire l'ignoble pente de la Croix de Chamrousse. Tout le monde prend la piste alors que le sentier passe dans le vallon d'à côté. Mais il ne semble pas y avoir de trace. Alors va pour la piste. J'attaque fort là dedans. D'abord dans la neige, mais ce n'est pas la meilleure idée de la journée. Bord de piste, donc. Je double quelques coureurs. En haut, il faut finir ce sacré mur. Je grimpe ça avec la rage. Pressé d'en finir. J'aime pas ce coin ... quoique ... il suffit de regarder ailleurs que sur les pylones ... Oui mais là, c'est le brouillard et le vent (froid) qui nous accueille ... Fraîchement ! Bon, on file jusqu'à la Croix et le ravitaillement juste derrière. Moins de 20mn pour monter les 240m de D+. Petite pause. Fromage, Saucisson, chocolat. Plein d'énergie et encouragements de la part des bénévoles.
Mais la descente de la Croix sera un véritable Calvaire.
Une bonne vingtaine de minute pour descendre les 460m, à ne pas savoir comment être efficace, quelle foulée adopter. J'arrive en bas avec les quadriceps en feu. Et je crois bien que je me suis fait doublé par tout le podium féminin, sénior et vétéranes comprises. Même pas cherché à suivre . Il y en a deux qui m'ont passé, hop, comme ça. Des ailes !
Et voilà qu'il faut remonter. Oh, pas grand chose. 50m. Et derrière, une autre piste à descendre. Même en zig-zag, j'ai du mal. La descente ce n'est décidément pas mon fort. Au Recoin de Chamrousse nouveau ravitaillement.
Là, je coince . Je ne m'arrête pas que pour le plaisir. J'en ai besoin. Grosse lassitude.
Quelques étirements pour me remettre dans le bon sens.
Un peu de route, et le tracé prends un chemin très agréable sous Chamrousse et la crête des Ramettes. Pas large et un peu accidenté, mais bien frais. J'ai du mal à relancer la mécanique. Il faut être attentif aux racines et aux zones de caillases...
Il est bien agréable ce chemin, mais il n'en finit pas !
Là je n'ai plus le tracé en tête. Ca gamberge. Tiens on arrive à une route. Seiglières ? Ben non, c'est le bas de Casserousse. Eh bien, je suis pas rendu ! Je marche un peu, me fait doubler par des gars qui m'encouragent. Merci. OK, je m'y remets. Descente sur un bon chemin large. Je retrouve un semblant de foulée. Ouf les Sieglières.
Joli table de ravito avec parasol, bouquet de fleurs et sourires. Sympa. Là, je pense que la fatigue est très présente. Je mange même un quart de banane !
Honnêtement, j'ai hâte que ça se termine. Eh, mais peut-être que moins de 5h, c'est possible ?! Reste moins de 4km et 20mn pour arriver à 5h. Il faudrait que je descende à 12km/h. Possible, mais pas gagné ! Aller, on y va. On est 3 à repartir ensemble. J'essaie d'attaquer tant que je peux. Tiens, il y a un gars assis sur un banc. Il parle d'abandon. Sans nous arrêter, on l'encourage. Il repartira. Je continue d'attaquer. J'ai retrouvé de l'énergie et une foulée à peu près "décente". Mais plus assez de lucidité. Un manque d'attention me vaudra une torsion un peu violente sur la cheville droite. A priori, rien de grave. Sauf qu'à 1km de l'arrivée, c'est la crampe au mollet droit. Là, il faut que je m'arrête. Les 5h seront donc dépassées. Marcher, se faire doubler. Oui, oui, je sais l'arrivée est proche ... mais aïe ... relacher le muscle, étirer doucement et boire. Ca repart. Je finis en trottinant pour faire bonne figure . Une courte montée, un virage, et le soleil qui inonde la place de la mairie de Saint Martin. 5h03 pour environ 34km et 1900m de dénivellé. Mon objectif était de 5h30. Contrat rempli, donc. Et le souvenir d'une course tracée dans un cadre magnifique.
Et je voudrais finir pas un grand merci et un grand bravo aux organisateurs et bénévoles. Parce que baliser cette vraie course de montagne dans des secteurs aussi isolés que La Pra ou le lac Léama, ça doit être un sacré boulot. Sans compter la présence de neige qui a nécessité de faire un peu la trace par endroit. Mais cette neige participait aussi à la beauté du paysage...
... Revenir dans le coin, tranquillement ... |
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