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Blog de minoupont
| Texte 6 |
ATTENTION, CE TEXTE EST PROTEGE.
Nous étions déjà le 18 novembre.
Demain cela fera trois semaines, je crois...
...A peu près trois semaines que le courrier était passé.
Il avait dû avoir beaucoup de mal à nous trouver et surtout, à arriver jusqu'à nous sans se faire descendre.
Nous ne savions plus très bien où nous étions vraiment. Perdus, là, dans le dédale de ces marais nauséabonds.
Odeurs de vase pourrie et de sang. Odeurs de mort.
Il pleuvait sans interruption. De la boue jusqu'à mi cuisses.
Froide cette pluie, très froide, pénétrant de partout.
Nos sous-vêtements étaient moisis, pleins de vermines rongeant nos chairs chaque seconde un peu plus.
L'ennemi devait être devant nous. Peut-être derrière aussi, avait dit un des gars !
De toute façon, nous ne pouvions plus bouger. Le moindre mouvement et c'était le déluge.
Les balles filaient au hasard dans les bambous et les obus de mortier soulevaient çà et là des gerbes d'écume parfois rougies de sang.
Impossible de dire combien nous étions encore.
Sur les soixante deux hommes de la compagnie, je crois qu'il ne devait en rester que quinze ou vingt, pas plus.
Pas de toilettes, on faisait sur place.
Plus de cigarettes non plus et depuis longtemps. De toute façon, c'était impossible. Nous nous serions rapidement fait repérer, surtout la nuit.
Plus à manger depuis au moins quatre jours.
Quelques pousses de bambou arrachées à la fange et un peu d'herbe, pour tenir.
Les pousses de bambous, je n'avais jamais pu en avaler dans le civil. Même avec une bonne sauce. Une de ces sauces dont chacun de nous, moi y compris, rêvaient maintenant.
La radio était morte depuis longtemps... Impossible de communiquer.
Je lisais encore et encore cette foutue lettre. Elle était notre seul espoir, notre porte de sortie.
J'avais réussi à la protéger un peu de l'humidité mais...
L'encre ne serait bientôt plus visible.
Un bruit derrière nous !
Les hélicos !
C'étaient les hélicos !
Ils venaient enfin nous relever !
Tout se bousculait dans ma tête. Je remerciais Dieu et ces imbéciles de bureaucrates qui nous avaient envoyés là, dans cet enfer et je les bénissais aussi d'avoir pensé à nous en sortir.
Je pensais aux rires de ma femme et de mes deux enfants quand ils me verraient au bout de l'allée.
De leur course pour se jeter dans mes bras.
A ma maison, à la cheminée, j'allais enfin pouvoir avoir chaud, manger à ma faim, prendre une douche bouillante...
La mort s'est abattue sur nous à ce moment.
Un véritable déluge de fer et de feu.
De tous les côtés.
Comme s'ils ne voulaient pas nous laisser partir.
En une fraction de secondes, j'ai levé mon regard vers le ciel et je l'ai vu arriver.
Droit sur moi.
Il ne restait que quelques mots encore déchiffrables sur cette bon dieu de lettre.
Les plus importants sans aucun doute.
"Le 16 novembre" et "156ème compagnie vous relèvera".
Le 16 novembre et nous étions le 18 !
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| Texte 5 |
ATTENTION, CE TEXTE EST PROTEGE.
Au pays
Au pays dès le printemps venu, la place ensoleillée résonnait de mille bruits.
Tôt le matin c'est à dire vers huit heures, huit heures trente chez nous, les camelots du canton déballaient leurs étals.
Ce n'était rapidement que rires et chansons.
Les uns interpellant, les autres poussant la voix pour quelque chansonnette tant l'air donnait envie de chanter.
Dès qu'apparaissaient les premiers chalands, c'était l'heure des matrones vantant leurs produits. Qu'il sont beaux mes melons ! Frais mon poisson, frais !
Et tout ça enrobé de cet accent magnifique qui nous met du soleil partout.
Les brins de lavande réunis en fuseaux essaimaient déjà dans l'air chaud le parfum du soleil matinal. Les olives les plus dodues se battaient pour approcher au plus près le rebord de l'étal offrant leur peau luisante d'une huile odorante et sucrée à la convoitise du gourmand de passage.
Ça sentait bon notre Provence.
Pendant ce temps, tout au bout de la place, derrière la fontaine là où les places sont laissées toujours libres par les marchands, déjà les hommes commençaient à placer de la boule.
La pétanque chez nous, c'était comme un sacerdoce.
Le jeu sportif "té" nous le laissions volontiers à ceux de la côte, plus au sud.
De loin on entendait le claquement sec des grosses boules de fer s'entrechoquant entre elles.
Leur "clac" se répercutant à l'infini sur les pierres usées des ruelles.
Plus loin sous l'ombrage, des femmes papotaient en riant, penchées sur leur ouvrage.
Plus loin encore, vers le haut de la place, par la fenêtre de la petite école montait la voix légère d'un minôt récitant quelque fable, chantant quelque chanson.
Chez nous, le soleil était chaud mais point trop.
A midi, la cloche de l'église fendue depuis longtemps, se mettait à vibrer.
Alors, surpris par le son aigrelet, les pigeons s'envolaient en faisant grand bruit d'ailes, se mettant à tourner, traçant deux ou trois cercles autour du vieux clocher, puis allaient se poser çà et là un peu au hasard.
Tous s'immobilisaient les yeux tournés au ciel, les regardant passer.
Car c'était le signal !
D'un coup venaient les rires et les cris des enfants se ruant au dehors.
Et sur les tables en fer du café de la place, le seul en ce pays, le bruit des bols en grès pleins de morceaux de glace.
"Té" c'était l'heure de l'anis mêlé de cette eau pure et fraîche que donne notre fontaine pour nous désaltérer.
Tout était doux, tout était rires et soleil, dans notre petit village.
Maintenant au village, plus de rires d'enfants, plus de claquements de boules et plus de sons de cloche.
Les enfants ont grandi et puis s'en sont allés recueillir à la ville le fruit de leurs études.
Le curé est parti faute de brebis.
Et les plus vieux sont morts.
Nous ne restons que quatre.
Le soleil est moins chaud sur notre peau tannée.
Les marches des ruelles nous paraissent bien plus hautes.
Le poids des années sur notre dos courbé nous fait des nuits bien courtes et des larmes plus fréquentes.
Même la fontaine enfouie sous les cressons sauvages ne nous parle presque plus.
Le vieux clocher dont les tuiles s'envolent est rongé par le lierre.
Et le soir venu, au fond de la vallée naissent d'étranges lumières.
Les lumières du chantier qui dans quelques semaines, fera que nous aussi, devront nous en aller.
Ce monstrueux chantier dont nous ne voulions pas.
Et qui a pour nom "le barrage de Sainte Croix"
Déjà les eaux montent à l'assaut de nos vies.
"Les Salles"
C'était le nom de notre petit village.
" Les Salles" Moustier Sainte Marie Gorges du Verdon Alpes de Haute Provence.
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| Texte 4 |
ATTENTION, CE TEXTE EST PROTEGE.
Catherine.
A chaque fois j'ai beau me dire que c'est inutile...
Comme chaque année, le même jour, à la même heure, je n'ai pas pu m'empêcher d'être là, de t'attendre une fois encore...
Je prends la petite clé et j'ouvre la porte mais je n'ose toujours pas pénétrer dans cette maudite pièce. Celle qui cachait notre amour, celle qui a été complice de nos ébats, de nos moments de tendresse. Celle où je passais des heures à te regarder dormir. Celle...
Cela fait si longtemps. Douze ans déjà que tu m'as abandonné...
Il me semble souvent que c'était hier. Pourtant et de plus en plus souvent, il m'arrive de penser que c'était avant-hier et j'ai peur.
Est-ce que, peu à peu, mon esprit va me jouer ce mauvais tour, celui que je redoute tant ?
Est-ce que, malgré moi, malgré tous mes efforts pour garder ton image présente tu vas disparaître totalement ?
Je lutte chaque jour d'avantage...
Toutes ces photos de toi qui me rappellent à chaque instant ces merveilleux moments dont tu me faisais le cadeau...
Et s'il y avait eu un incendie, une inondation ou que sais-je encore ? Et si toutes les images de toi, sur tous les murs de l'appartement allaient disparaître quand je ne suis pas là ?
Douze années que j'ai peur quand je sors...
Aujourd'hui, comme chaque année, je reste là, sur le pas de la porte à regarder le grand lit.
Je rêve que tu vas apparaître, que tu vas recommencer notre vie là où tu l'avais laissée, il y a douze ans.
Je te rêve, te levant d'un bond comme à ton habitude. Tu me regardes et, comme chaque matin, tu me souries de ce sourire merveilleux que j'aimais voir accroché à tes lèvres.
Catherine, jamais je ne cesserai de t'aimer !
Catherine, je hais cette maladie imbécile qui t'a emportée loin de moi, ces médecins incapables qui n'ont pas su redonner un éclat de vie dans tes yeux...
Catherine, longtemps encore je t'attendrais.
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| Etrait de texte 2 |
ATTENTION? CE TEXTE EST PROTEGE.
LES GAMINS
…La dernière semaine, nous avions repéré, dans un coin reculé du port, l'épave d'un petit bateau de pêche en acier, rongé de partout par la rouille.
Oh, ce n'était pas un cargo. A peine une vingtaine de mètres mais comme en fait, il ne semblait ne plus appartenir à personne, nous nous l'étions approprié.
Planté dans la vase à peine à une dizaine de mètres du bout du quai et encore debout sur sa quille, tout un tas de cordages englués par les algues, pendaient le long de ses flancs percés en de nombreux endroits.
De l'autre côté, à l'abri des regards, une vieille échelle rouillée venait tremper son dernier échelon dans les vingt centimètres d'eau qui entouraient le bateau à marée basse.
Bravant les vociférations des pêcheurs et les panneaux interdisant l'accès à cette merveille, nous nous faufilions à l'intérieur, persuadés qu'un trésor devait y être caché.
Cela ne pouvait en être autrement !
Ainsi, chaque jour, nous échangions nos habits de touristes pour ceux de méchants pirates ou autres corsaires bravant mille dangers au détour de chaque coursive ou à la découverte d'un nouveau recoin de la cale encombrée d
e tout un tas de vieux câbles rouillés.
La veille du jour prévu de notre départ, nous fûmes surpris par un fort coup de vent.
Nous avions plus que tardé à quitter notre refuge et, le temps passant, la marée avait fortement monté. De grosses gouttes de pluie battaient maintenant les flancs de notre fier galion.
Plus âme qui vive sur le quai.
Les nuages étaient bas et noirs et l'on commençait à voir quelques éclairs plus au large.
Sans aucun doute l'orage se rapprochait rapidement et la luminosité prenait des allures de début de nuit.
Impossible de redescendre, l'eau était montée trop haut et Jojo ne savait pas nager.
Il fallait prendre une décision.
Malgré les réticences de mon ami qui avait un peu peur de rester seul, je décidais de nager jusqu'au quai et de trouver quelqu'un pour nous secourir.
A peine arrivé à la porte de la taverne, je me retournais pour faire un signe de la main à Jojo qui devait sûrement être en train de m'observer de l'un des hublots de la cabine de pilotage.
C'est à ce moment que l'éclair est venu frapper.
J'ai été ébloui pendant de longues minutes et le bruit assourdissant de la foudre m'a rendu sourd durant un bon moment…
…Quatre jours plus tard, je regardais le train s'éloigner emportant le cercueil tout blanc où reposait celui qui ne fut que trop brièvement mon frère.
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| Extrait de mon premier roman |
ATTENTION, CE TEXTE EST PROTEGE;
...Moins d'une seconde m'avait été nécessaire pour sentir ta présence. Déjà deux ans que tu étais partie. Deux ans que j'attendais car je savais qu'un jour, fatalement tu reviendrais.…
J'essayais de me mentir une fois de plus.
Le voisin que je n'avais pas vu en arrivant, avait dû passer dans la soirée et c'était certainement lui qui avait allumé le feu pour empêcher l'humidité de s'installer, mais... Non, j'avais beau essayer de le nier, c'était bien ta présence que je ressentais toute proche. Tu étais là, quelque part à m'attendre, assurée que je viendrais tôt ou tard.
Le chat qui dormait sur le fauteuil près de la cheminée ne me prêta qu'une attention très distraite. A peine s'il me regarda une seconde en baillant, l'air de me dire : " rien de neuf ici depuis tout à l'heure " comme si je n'étais sorti que cinq minutes auparavant.
J'allais droit vers le vide, j'en étais maintenant certain.
Mais peu importe, en une seconde, j'avais pris ma décision, la dernière, la seule qui me restait possible car je savais depuis peu que c'était la seule façon de me libérer de toi.
Monstre, tapie dans l'ombre et prête à fondre sur moi persuadée qu'une fois encore j'allais sombrer dans tes délices de torture, déchiré de toute part, impuissant face à cette drogue qui m'ôtait toute volonté, tout désir de me battre.
Inutile de le nier. Tu étais là pour ça ! Et pour moi, ce n'était plus possible. Je ne pouvais plus être à ta merci.
Je pénétrais plus avant dans la sombre pièce à peine éclairée par le feu et mon cœur fit un bond tandis qu'une main puissante me broyait la gorge quand je t'aperçus.
Couchée sur le divan, à demie tournée vers la cheminée tu semblais assoupie.
Seuls, tes chevilles et tes pieds couverts par le drap de soie qui avait glissé à terre, ne reflétaient pas les derniers éclats du foyer presque mourant.
Je me sentis comme aspiré par un tourbillon et rien pour me retenir.
Il me fallait pourtant combattre.
J'ai maudit le parquet de bois sombre qui craquait à la moindre pression.
Aurais-je encore la force de croiser ton regard ?
Il me fallait pourtant le refuser comme je devais refuser ta peau...
Combien de fois avais-je imaginé cet affrontement mortel, combien de fois m'étais-je vu céder de nouveau ?
Me libérer de toi m'avait paru tellement facile quelque fois, mais ce n'étaient que rêves ou des soirs imbibés d'alcool…
Une dernière fois, je détaillais ton corps, ton trop jeune corps. Rêvant encore de ton image, de ta trop jeune image dans les miroirs de la chambre, de ta peau brûlante, de tes intimes lieux secrets qui remplissaient ma bouche d'un enivrant goût de miel, des sursauts violents de tes reins, sachant qu'à chacun de nos combats, seul véritable perdant, seul vraiment terrassé, le seul s'enfonçant encore un peu plus dans la dépendance, c'était moi, toujours moi.
Et je savais que cela t'amusait, c'était ta force.
Un léger battement sous la peau de ton cou a alors attiré mon attention. Plus que tout, j'aimais ce flot nourrissant mais plus que tout, je le haïssais aussi.
Il était la vie, il était ta vie.
Cette vie qui tout à l'heure…
Allais-tu ressentir le froid du métal sur ta nuque ?
Verrais-je pour la première fois la peur dans tes yeux ?
Et pourtant, jamais je n'aurais eu le temps de te dire que quoi qu'il arrive, je t'aimerais jusqu'à la fin des siècles... |
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| Histoire d'écritures |
Salut,
Je ne suis pas un écrivain !
Seulement un écrivant...
Il me semble que j'écris depuis toujours. Comme ça, un peu n'importe quoi...
Des petits trucs, tout ce qui me passe par la tête...
Des nouvelles, des choses vécues, des poèmes, des paroles de chanson...
D'habitude je jette pratiquement tout.
Participer à un atelier d'écriture, ça me tentait depuis longtemps mais moi, aller lire mes textes devant des gens... Jamais je n'aurais osé !
Un jour, une amie m'a dit : "Pourquoi ne t'inscrirais tu pas à un atelier d'écriture sur Internet ?
Tu sais, c'est parfaitement anonyme"
Et voilà. J'ai envoyé deux ou trois petits trucs comme ça, histoire de voir, par curiosité...
J'ai reçu tout un tas d'encouragements.
Et puis il y a eu ce sujet imposé :
Ecrire un texte sur : "Les lieux où l'on a dormi"
J'ai repris un vieux texte. Je l'ai transformé un peu et je l'ai envoyé.
Ma boite a vite été pleine !
Mais moi, je n'en étais pas satisfait, loin de là...
Je ne pouvais pas le laisser comme ça, cela m'était impossible ! J'y pensais tout le temps et un jour je m'y suis remis...
Comment ça s'est passé ? Je n'en sais rien...
De deux pages en sont nées vingt, puis cent, etc. et l'histoire se transformait sans arrêt... Je ne pouvais plus m'arrêter !
C'est encore une nana, une de l'atelier à qui j'avais envoyé un extrait un peu plus long qui m'a conseillé d'aller jeter un oeil sur le site de :manuscrit.com et j'y suis allé.
Quoi de plus facile ? Ils vous expliquent tout de A à Z. Vous n'avez qu'à vous laisser guider...
J'ai du travailler quelques nuits sur mon texte pour qu'il devienne un "manuscrit". Oh, pas beaucoup, juste quelques semaines... De toute façon moi le jour, je dors et on est tellement plus tranquille la nuit pour écrire.
Et voila...
Mon premier roman va sortir. Entre la fin septembre et la fin octobre si mon éditeur se dépêche un peu.
Bon, disons à la fin de l'année...
C'est une énigme qui se promène un peu dans l'étrange.
Vous y trouverez aussi de l'amour, de l'amitié et un peu d'érotisme, faut bien vendre...
Mais surtout, j'ai essayé que ce ne soit pas vulgaire et je trouve que j'ai assez bien réussi.
Le roman s'appelle : RETOUR A WIND-ISLAND.
Je vous redis mon nom d'auteur, c'est ALAN FROZ.
Par curiosité, allez sur le site et découvrez un des extraits. Je vous promets que vous ne serez pas déçu !
Au fait, j'en prépare un deuxième...
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