| Etrait de texte 2 |
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LES GAMINS
…La dernière semaine, nous avions repéré, dans un coin reculé du port, l'épave d'un petit bateau de pêche en acier, rongé de partout par la rouille.
Oh, ce n'était pas un cargo. A peine une vingtaine de mètres mais comme en fait, il ne semblait ne plus appartenir à personne, nous nous l'étions approprié.
Planté dans la vase à peine à une dizaine de mètres du bout du quai et encore debout sur sa quille, tout un tas de cordages englués par les algues, pendaient le long de ses flancs percés en de nombreux endroits.
De l'autre côté, à l'abri des regards, une vieille échelle rouillée venait tremper son dernier échelon dans les vingt centimètres d'eau qui entouraient le bateau à marée basse.
Bravant les vociférations des pêcheurs et les panneaux interdisant l'accès à cette merveille, nous nous faufilions à l'intérieur, persuadés qu'un trésor devait y être caché.
Cela ne pouvait en être autrement !
Ainsi, chaque jour, nous échangions nos habits de touristes pour ceux de méchants pirates ou autres corsaires bravant mille dangers au détour de chaque coursive ou à la découverte d'un nouveau recoin de la cale encombrée d
e tout un tas de vieux câbles rouillés.
La veille du jour prévu de notre départ, nous fûmes surpris par un fort coup de vent.
Nous avions plus que tardé à quitter notre refuge et, le temps passant, la marée avait fortement monté. De grosses gouttes de pluie battaient maintenant les flancs de notre fier galion.
Plus âme qui vive sur le quai.
Les nuages étaient bas et noirs et l'on commençait à voir quelques éclairs plus au large.
Sans aucun doute l'orage se rapprochait rapidement et la luminosité prenait des allures de début de nuit.
Impossible de redescendre, l'eau était montée trop haut et Jojo ne savait pas nager.
Il fallait prendre une décision.
Malgré les réticences de mon ami qui avait un peu peur de rester seul, je décidais de nager jusqu'au quai et de trouver quelqu'un pour nous secourir.
A peine arrivé à la porte de la taverne, je me retournais pour faire un signe de la main à Jojo qui devait sûrement être en train de m'observer de l'un des hublots de la cabine de pilotage.
C'est à ce moment que l'éclair est venu frapper.
J'ai été ébloui pendant de longues minutes et le bruit assourdissant de la foudre m'a rendu sourd durant un bon moment…
…Quatre jours plus tard, je regardais le train s'éloigner emportant le cercueil tout blanc où reposait celui qui ne fut que trop brièvement mon frère.
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