| Texte 4 |
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Catherine.
A chaque fois j'ai beau me dire que c'est inutile...
Comme chaque année, le même jour, à la même heure, je n'ai pas pu m'empêcher d'être là, de t'attendre une fois encore...
Je prends la petite clé et j'ouvre la porte mais je n'ose toujours pas pénétrer dans cette maudite pièce. Celle qui cachait notre amour, celle qui a été complice de nos ébats, de nos moments de tendresse. Celle où je passais des heures à te regarder dormir. Celle...
Cela fait si longtemps. Douze ans déjà que tu m'as abandonné...
Il me semble souvent que c'était hier. Pourtant et de plus en plus souvent, il m'arrive de penser que c'était avant-hier et j'ai peur.
Est-ce que, peu à peu, mon esprit va me jouer ce mauvais tour, celui que je redoute tant ?
Est-ce que, malgré moi, malgré tous mes efforts pour garder ton image présente tu vas disparaître totalement ?
Je lutte chaque jour d'avantage...
Toutes ces photos de toi qui me rappellent à chaque instant ces merveilleux moments dont tu me faisais le cadeau...
Et s'il y avait eu un incendie, une inondation ou que sais-je encore ? Et si toutes les images de toi, sur tous les murs de l'appartement allaient disparaître quand je ne suis pas là ?
Douze années que j'ai peur quand je sors...
Aujourd'hui, comme chaque année, je reste là, sur le pas de la porte à regarder le grand lit.
Je rêve que tu vas apparaître, que tu vas recommencer notre vie là où tu l'avais laissée, il y a douze ans.
Je te rêve, te levant d'un bond comme à ton habitude. Tu me regardes et, comme chaque matin, tu me souries de ce sourire merveilleux que j'aimais voir accroché à tes lèvres.
Catherine, jamais je ne cesserai de t'aimer !
Catherine, je hais cette maladie imbécile qui t'a emportée loin de moi, ces médecins incapables qui n'ont pas su redonner un éclat de vie dans tes yeux...
Catherine, longtemps encore je t'attendrais.
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