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Andromaque et Bénérice [ 504 visites ]
| Lieu: |
L'Hexagone |
| Dates: |
06 au 08 Déc. 05 |
| Horaires: |
20h |
| Tarif: |
De 8 à 20€ |
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De Jean Racine
Mise en scène Philippe Delaigue
Centre Dramatique National Drôme Ardèche
Collaboration à la mise en scène Laurent Hatat
Collaborateur artistique Yves Barbaut
Lumière Thierry Opigez
Création musicale Philippe Gordiani
Régie générale Gilbert Morel
Décor et costumes Cécile Léna
Costumières Patricia De petiville, Judith Dubois,
Dominique Fournier
Teinturier Michel Feaudière
Construction décor Atelier TNP Villeurbanne
Maquillage, coiffure Catherine Saint-Sever
Toile peinte > Charles Rios
Avec > Yves Barbaut, Philippe Delaigue, Juliette Delfau,
Cédric Michel, Anne Comte,
Anthony Poupard, Hélène Viviès.
Si Racine avait été musicien, on aurait pu dire de ces deux pièces, Andromaque et Bérénice, qu’elles étaient deux variations pour trio sur un même thème. Le trio comme le thème sont connus, pour ne pas dire classiques : le roi (l'empereur) doit épouser la princesse (la reine) sous les yeux d'un ancien amant qui aime toujours. Mais le roi se dérobe à cette union sous l'empire d'un autre amour dans la première, parce que son empire politique l'interdit, dans la seconde.
Racine engage sur ce thème deux projets d'écriture radicaux et opposés. Séparés de trois ans dans sa biographie, ils le semblent de plusieurs siècles et milliers de kilomètres dans leurs propos.
Dans ce désert, aucune soif étanchée et serait-on à deux pas d'une source qu'on ne la verrait, ni ne l'entendrait. Rois et Reines d'intrigues, ils se persua-dent un peu vite qu'ils sont les maîtres du jeu lorsqu'ils ne sont que joués par des forces expertes : l'Héritage, le Temps, l'Histoire, la Famille, Racine lui-même... Pas de dénouement à ces histoires : les fils sont trop resserrés pour être dénoués. Le Roi est massacré par l'Amant, la Princesse se poignarde sur son corps et l'Amant devient fou. Il ne faut pas laisser les enfants de Héros jouer avec le feu...
Dans Bérénice, le feu est là aussi mais on sait qu'il peut brûler. Aussi s'en méfie-t’on. Et plus encore, c'est de le voir s'éteindre que l'on s'émeut, que l'on s'inquiète, car avant de nous brûler le feu a pu nous réchauffer. La pièce s'ouvre sur un deuil : le deuil d'un Roi qui a perdu son père. Durant huit jours, ce Roi fait l'apprentissage d'une solitude inconnue jusqu'alors : celle d'un homme entrevoyant pour la première fois une figure de la Mort. Le voilà prêt à rejoindre ses deux compagnons en solitude : une Princesse à l'amour de laquelle il doit désormais renoncer et un ancien Amant de Princesse qui est aussi son ami. Durant cinq actes, Racine nous raconte l'histoire de cet arra-chement douloureux, nous parle d'amour. D'aucuns ont pu croire que Bérénice se résumait à une “ dolente élégie ” Ils n'ont pas vu à coup sûr l'incroyable révolution faite à la Tragédie par Racine : ce ne sont plus la Mort et ses mas-ques qui constituent le ressort principal de la Tragédie mais la Vie, le désir de vie, l'existence même. La Tragédie n'est plus réservée aux grandes figures historiques, mythologiques, héroïques ou littéraires. Plus n'est besoin d'amon-celer les cadavres ou de forcer les intrigues. Non, la Tragédie c'est vous, c'est moi, en vie, et la tâche immense, simple, infiniment douloureuse et patiente de faire de cette vie un accomplissement.
Philippe Delaigue |
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