Depuis plusieurs mois, il se passe enfin quelque chose dans les caves et les cafés-concerts enfumés et étroits de la capitale. A l’inverse des grosses capitales, Paris somnolait depuis des années (Paris la nuit, c’est fini). Réveillés enfin, après la sinistrose de l’ère Tiberi, et c’est l’œuvre d’une poignée de jeunes fougueux, à peine majeurs pour la plupart, où les filles jouent un rôle aussi important que les garçons. Des formations qui aiment le rock, jouent sans se poser de questions, ensemble s’échangent les pleurs, jouent un rock bouillonnant, et n’ont aucune référence que la scène rock de ce début de millénaire. C’est frais, excitant, innocent, sincère. Petit panel non exhaustif (Plasticine et Second Sens ont déclinés pour cause d’examens impératifs !)
I love UFO
Sans doute le plus ancien de tous (3 ans déjà !), I love UFO invente le fracas sonique qui repousse le rock à ses derniers retranchements, qualifié de Punkadelic, outre incartades neurolytiques du rock psyché, rage punk et post-punk. Sur scène, c’est comme placer votre tête dans le moteur d’un jet en plein décollage « La musique doit changer nos vies et foutre le bordel ». Un point de vue sain qu’on partage sans hésiter ! (1er album sur Record Maker, -le label d’Air- en février)
The Brats
18 ans de moyenne, le trio énervé de The Brats se jette sans parachute dans un rock’n roll garage farouche et intense avec des titres aux vocaux éructés ponctués de solo de guitare distordue. Emmené par Niki, chanteur engagé, future star rock’n roll incontestable, ils veulent en découdre, prêts à prendre des canettes. Une constante prise de risque, une puissance stupéfiante. Un groupe possédé et déconcertant. Une grosse claque.
Pravda
Trio énorme emmené par la belle Sue qui promène sa voix et ses textes sexy sur des morceaux rock’n roll largement vers l’electro clash sans limite. Sur scène, il se dégage une vraie énergie, classe et électrique. « Anti-groove total, mais pas cold-wave ! ». Beats synthétiques et guitares répétitives.
Violett
Encore un trio emmené par les diablesses Trixy et Lily, 18 ans et un batteur de 15 ans ! Elles séduiront par leur insolence « Chienne de Luxe ». Des textes forts sur la difficulté d’être fille, d’aimer et de vivre. Provocantes, féminines, un dark punk mélodique. Elles ne jurent que par ce programme : « Crier, briller, mépriser, boire ». Violence sourde revendiquée.
The Naast
Ce quatuor décrit leur musique comme un clash entre Stooges et Beach Boys. Cri de guerre : « Les Naast sont le rock’n roll ». Donc acte. Rois de la scène, des concerts serrés, des guitares à tout rompre. Emmené par Gustave, chanteur guitariste peu enclin aux compromis. Un répertoire de garage laqueux avec des touches punk ou ultra british. Un impact immédiat.
|