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 » 46 Resultats dans Reportages & Interviews  

Nouveau à Valence : Eco-Sys    26 Nov. 04
   actu-locale
 Un exemple de d’action ?? Eco-Sys à comme partenaire 8 fondations dans le monde entier. Ex d’action : la protection de la panthère des neiges Le but est de donner les moyens aux hommes de vivre en fabriquant de l’artisanat en échange, ils s’engagent à ne pas braconner la panthère des neiges. Les produits fabriqués sont mis en vente ? Oui et un pourcentage est redistribué aux 8 fondations-partenaires, qui peuvent alors continuer à réaliser des projets éducatifs. Qu’est ce que l’on peut trouver dans votre magasin ? Eco-Sys & Eco-Fun, présentent une vaste gamme de produits fun, nouveaux et innovants pour toute la famille. Nos créations exclusives et de qualité reflètent notre amour commun des animaux et de la nature. Et vous Philippe, quel votre rôle ? Je suis le distributeur du concept ECO-SYS pour la FRANCE, cela implique bien sur la prospection et le développement de la marque car tout est à faire. Je participe aussi avec Christian au développement des produits. Qu’est ce qu l’on peut vous souhaiter ? Une prise de conscience des consommateurs, et que ce premier magasin de valence soit le premier d’une longue série. Propos recueillis lors de l’inauguration du magasin « Eco-Sys », le samedi 6 novembre 2004
 /reportages-grenoble/actu-locale/-Nouveau-a-Valence-%3A-Eco-Sys-52.html

Bastille, quand tu nous tiens !    05 Fév. 04
   actu-locale
 Le 13 février 2003, Serge Nocodie et Michel Lambert, respectivement président et directeur de la régie du téléphérique, présentaient leur projet de réhabilitation et de développement du site de la Bastille à la municipalité. Ce projet baptisé « Une montagne d’aventures et de découvertes » semble séduire le maire de Grenoble puisque quelques jours plus tard, il est validé par la municipalité. Un mois plus tard, lors d’une interview Monsieur Michel Destot justifie cette décision par ces mots : « il faut proposer un projet qui redonne au site son attrait exceptionnel ». Il y a soudainement une forte volonté de rendre ce site accessible à l’ensemble de la population. Les différentes étapes du projet sont ainsi soumises aux grenoblois, on parle d’abord « d’une grande priorité »: « Aménagement de l’entrée basse du téléphérique et des “bulles” ; rénovation de la passerelle de liaison entre la gare supérieure et les terrasses de restaurant ; installation d’un ascenseur panoramique du pied de la gare supérieure avec accès aux différents niveaux (terrasses et belvédère) ; réhabilitation des cours et chemins ; développement et amélioration de la signalétique ; mise en sécurité des différents équipements. » S’ajoute à cela, la volonté de créer une sorte de pôle d’activité et de loisirs, on veut mettre à la disposition des grenoblois un espace de détente et de loisir dans un cadre naturel. Il y a une volonté de la commune de «redonner envie aux grenoblois de s’approprier ces espaces naturels qui sont pour eux une vraie aubaine». On propose « un volet tourisme et nature » (avec des espaces majoritairement libres et gratuits): « organisation de la découverte du site, avec parcours de 30 mn à 2 heures ; création de jardins thématiques et de promenades ; mise en place de tables d’orientation ; création d’aires de pique-nique et d’une ferme de montagne ; rationalisation de l’accès automobile et réduction du stationnement sur le glacis ; aménagement d’un jardin d’enfants avec jeux aquatiques et jeux de plein air, et d’un espace famille-détente, mise en place d’un mini golf, une piste de luge. » L’envergure du projet ne s’arrêtait pas là, on voulait encore rajouter un volet culturel (création d’un musée des troupes de montagnes, revalorisation des casemates et de la poudrière du donjon), mais aussi l’organisation de séminaires et d’autres congrès tout aussi important. Face à ce projet pharaonique (budget évalué : entre 15 et 25 millions d’euros), les grenoblois (ainsi que certaines associations comme le collectif GLACIS qui regroupe plusieurs assoc’ dont la FRAPNA) sont venu nombreux manifestés leur mécontentement lors de la réunion publique organisé le 9 avril 2003. Ce n’est que le 15 décembre 2003, que la mairie s’est mis d’accord sur l’adoption d’un projet plus modeste et à visé beaucoup moins commerciale que ce qui avait été convenu au début. Tout d’abord 150 000 euros devraient être attribué à « l’entretien et l’exploitation du téléphérique », puis 295 000 euros de crédits devraient être également attribués pour « l’aménagement de l’accessibilité du site », et le restaurant de la régie du téléphérique devrait recevoir des fonds pour son réaménagement. On est bien loin du complexe de loisirs et de détente prévu initialement ! Bref, les grenoblois veulent préserver leur patrimoine naturel de toute exploitation commerciale, et ils ont gagné cette fois-ci mais à quand la prochaine décision de développement durable ?
 /reportages-grenoble/actu-locale/Bastille%2C-quand-tu-nous-tiens-%21-1220.html

Consommez équitable !    10 Juin 04
   actu-locale
  Dinoutoo est sensible à l’exploitation de l’homme c’est pourquoi nous soutenons « le commerce équitable », rencontre avec Florence Lefevre salariée de l’association Equi’sol. Association de loi 1901 dont l’objectif est de développer et promouvoir le commerce équitable en Rhône-Alpes. C’est quoi le commerce équitable ? Plusieurs principes s’articulent autour de cette notion, mais il faut tout d’abord parler « de prix juste négocié avec les producteurs », c’est à dire assurer une juste rémunération afin que le producteur puisse subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Le commerce équitable c’est aussi prévoir dans le prix fixé « une prime de développement pour des projets collectifs », c’est à dire attribuer à des coopératives de producteurs une somme d’argent qui leur permet de voter pour un projet de développement dans leur pays comme la construction d’une école ou d’un hôpital! D’autres principes gravitent autour de cette notion de commerce équitable : «le respect de l’environnement », mais aussi « la traçabilité » c’est à dire des contrôles réguliers garantissant au consommateur l’origine équitable des produits. Enfin le commerce équitable c’est bien sûr vendre « des produits de très bonne qualité », c’est un équilibre pour que tout le monde y trouve son compte que ce soit le producteur ou le consommateur. Et en un mot c’est quoi le commerce équitable ? Florence : « Ce sont des échanges commerciaux internationaux justes, qui rendent leur dignité aux producteurs des pays défavorisés » « Équi’sol », c’est quoi ce nom ? Équi’sol est la contraction d’équitable et solidaire, ce nom a été choisi à l’issue d’un brainstorming. L’histoire d’Equi’sol C’est en 1996, que cette association régionale présente sur Lyon et Grenoble est née. Equi’sol a vu le jour grâce à l’initiative de deux étudiants en formation continue à l’école d’ingénieur agronome de Lyon qui ont été sensibilisés par cette cause. A ce jour, Equi’sol est chargée de promouvoir, et d’inciter à la consommation des produits issus du commerce équitable. Equi’sol est un relais d’information du commerce équitable. Les interventions d’Equi’sol Plusieurs actions de sensibilisation sont mises en place tout au long de l’année envers différentes cibles. Équi’sol communique tout d’abord auprès du milieu scolaire, des collectivités locales, des comités d’entreprises et du grand public (grâce à des animations dans les grandes surfaces). Equi’sol sensibilise les enfants et les étudiants grâce à une mallette pédagogique. Cette mallette contient des jeux de rôles où les enfants endossent la vie d’un producteur ou d’un acheteur et découvrent les réalités de la vie en terme de cours du commerce international et d’ajustement des prix. Les plus jeunes sont sensibilisés à travers des scènes de théâtre et des cassettes vidéo pédagogiques sur le cacao. Des conférences, des expositions et des dégustations sont organisées pour les collectivités locales et les CE. Les acteurs de l’association Trois salariés travaillent ensemble autour des missions éducatives, du développement et de toute l’organisation des évènements. Des bénévoles permettent de tenir des stands d’information, de contrôler les emplacements des produits du commerce équitable auprès de la grande distribution et participent à la mise en place des évènements de promotion du commerce équitable. Et peut être vous…en effet le moindre petit coup de main peut être utile pour cette association, peu importe vos disponibilités, « tout le monde peut y trouver sa place quelque soit son âge ! ». Les produits du commerce équitable et les points de ventes Café, thé, banane, chocolat, riz, sucre, jus de fruit, miel sont des produits originaires du commerce équitable et disponibles à Grenoble. On reconnaît un produit issu du commerce équitable lorsqu’il affiche le label de l’association Max Havelaar. Il existe deux boutiques spécialisées du commerce équitable à Grenoble: - Artisans du monde, 7 rue Très Cloîtres, 38000 - Le Local, 12 rue Brocherie, 38000 Sinon en terme de grande distribution et de petits commerces, quelques uns des produits cités au dessus sont disponibles à Monoprix, Super U, Casabio, Bioasis, Satoriz, Carrefour, l’Eau vive, les Jardins du Monde, Atac, Champion, Casino, Leclerc, Intermarché. Pour tout renseignement, devenir bénévole ou même recevoir le journal de l’association gratuitement : « Le concentré de commerce équitable »: Equi’sol à Grenoble Cap Berriat 15, rue Georges Jacquet 38000 Grenoble tél : 04.38.21.05.11 fax : 04.76.48.49.85 equisol38@free.fr http://www.equisol.org
 /reportages-grenoble/actu-locale/Consommez-equitable-%21-1299.html

Les nouvelles bulles de Grenoble    28 Juin 04
   actu-locale
 Allez faire un tour à la Brasserie artisanale, née de la passion de son fondateur pour la bière de dégustation et du désir de faire partager cette passion… vous ne serez pas déçu… accueil chaleureux, visites et découvertes des étapes de fabrication de la bière, dégustation, etc. (entrée gratuite). La bière Mandrin est une bière de fermentation haute, elle développe un bouquet riche et subtil, issu du mariage des noix et de plusieurs variétés de houblons.
 /reportages-grenoble/actu-locale/Les-nouvelles-bulles-de-Grenoble-1300.html

Cap Berriat, acteur de la vie grenobloise    05 Juil. 04
   actu-locale
 Qu’est ce que Cap Berriat et quels sont ses objectifs ? Cap Berriat est une pépinière. C’est à dire qu’on dénombre 80 associations qui ont leur boîte aux lettres à l’adresse de Cap Berriat et plusieurs associations sont hébergées physiquement dans les locaux de cette assoc’. « Ceci afin de permettre une mutualisation de matériels et de donner toutes les conditions à une nouvelle association pour bien démarrer. » Cap Berriat c’est aussi surtout une structure d’appui aux projets jeunes. En effet, depuis l’arrivée de Mr Rousselot (directeur de l’assoc’) Cap Berriat a pris une nouvelle orientation : « Aujourd’hui nous ne sommes plus une structure d’animation, nous sommes là pour accompagner les projets des jeunes ». Cap Berriat permet de soutenir les initiatives des jeunes dans tous les domaines : culturel, de solidarité internationale, socio sportif ou éducatif. Cette association accueille environ 280 porteurs de projet à l’année, ce qui équivaut à environ 130 associations. Cap Berriat est amené à accompagner des projets économiques mais à visée solidaire et non commerciale. « Pour qu’un projet ait une visée d’économie solidaire, il faut d’abord que ce dernier ait une forme juridique démocratique (association, SCOP, SCIC) et surtout il faut que le projet soit porteur d’un objet de solidarité (induit et/ou environnemental) et pas seulement lucratif ! » «Nous sommes présents aujourd’hui pour permettre l’initiative, pour que les jeunes puissent développer leurs propres activités». Les actions de Cap Berriat Onze personnes travaillent au sein de Cap Berriat. C’est Anne Sophie, Eric ou Olivier qui vous accueillera et vous aidera à définir votre projet. Ces trois acteurs travaillent avec des jeunes entre 16 et 30 ans et leur offrent une réelle méthodologie de projet, ils leur donnent les moyens de concrétiser leur projet à travers: - Une aide à la rédaction de papiers administratifs (demande de subvention…) - La mise en place de contacts - Une mise en réseau - Une connaissance des institutions, de la législation, de la fiscalité…. Deux autres membres de l’équipe travaillent aussi sur le soutien aux initiatives mais avec les plus jeunes (à partir de 11 ans). En effet, Isabelle et Olivier (correspondant jeunesse) sont présents sur le quartier et se déplacent sur le secteur. Ils vont au devant des jeunes pour connaître leurs envies et les accompagner dans leurs projets. Cap Berriat, c’est aussi s’inscrire dans la vie politique grenobloise. Cette association a donc aussi pour objet la politique en terme de politique de jeunesse, culturelle ou territoriale. Cap Berriat a su créer une dynamique collective et insuffler une économie solidaire dans certains projets d’aménagements. Cap Berriat, une volonté Cap Berriat c’est une équipe souple qui se veut totalement disponible : « on n’a pas de temps déterminé, on s’adapte au public et à son degré de compréhension, on prend le temps qu’il faut pour étudier un projet ». « On souhaite donner aux jeunes des armes face au monde. Les jeunes doivent être acteurs de leur territoire, on fait de la formation de citoyen. Les jeunes deviennent des acteurs du développement territorial ! ». Cap Berriat 15 rue Georges Jacquet 38000 Grenoble Tél : 04.76.96.60.79 Fax : 04.76.48.49.85 contact@cap-berriat.com Site : www.cap-berriat.com
 /reportages-grenoble/actu-locale/Cap-Berriat%2C-acteur-de-la-vie-grenobloise-1303.html

MUSAK !    20 Mars 06
   culture-et-spectacles
 Musak Les 23 / 24 / 25 mars 2006 Théâtre le Rhône à Bourg les Valence (26) BANDE ANNONCE 23/03 Asian Dub Foundation Sound System 1ère partie / Sebcy Rooz / Mr Duc Sebcy Rooz imprègne l’héritage de la chanson française, de programmations électro. Les textes évoquent la frontière si étroite entre réalité et folie, des angoisses post-adolescentes, ou plus simplement des « histoires de vie ». Son moteur dans l’écriture est une certaine lutte contre la souffrance, qu’elle soit anecdotique ou plus oppressante. A la programmation initiale viennent aujourd’hui se mêler violon et guitare électriques, contrebasse, machines et batterie. Mr DUC Il y a trois ans, Mr Duc découvre avec la musique électronique un moyen d’expression dans lequel il s’investit et développe des projets qu’il souhaite partager. Ses compositions se nourrissent d’un sampling varié et riche, dialogues de films, world musique…En live il distille une électro tendue et parfois explosive avec une pointe de cynisme et d’humour. 24/03 Les Hurlements d’Léo 1ère partie / Omuel Guéline Omuel Guéline, un univers à part entière dans la tendance, très actuelle, de la chanson française. Les deux acolytes, Fabien et Donatien travaillent les mots et proposent des textes parfois cinglants mais toujours très drôles, véritable peinture sociale empreinte d’émotions fraîches. Omuel Guéline c’est aussi une couleur musicale spécifique qui entremêle les sons pour une combinaison parfaite. 25/03 Rhésus / Scène découverte Texaco/Laforest/Kubic/DuckBilled Platypus
 /reportages-grenoble/culture-et-spectacles/MUSAK-%21-1426.html

PETZL    19 Juin 06
   actu-locale
 Cet article tiré sous autorisations du beau livre "Savoir-faire de l'Isère" est disponible à la vente sur www.autrevue.net. Poussé par sa curiosité et sa soif de connaissance, l'homme tente depuis des siècles de percer les mystères de notre planète. Une quête verticale qui l'entraîne toujours plus profond, dans les entrailles de la Terre jusqu'à, un jour peut-être, en atteindre le coeur. C'est au XIIIème siècle qu'apparaissent les premières traces d'investigations souterraines. Restées peu nombreuses durant les deux siècles suivants, elles se multiplièrent au XVIème siècle, donnant lieu aux récits les plus épiques. Il faut cependant attendre le XIXème siècle pour voir se développer réellement l'étude des cavités. Cette activité regroupe alors plusieurs disciplines comme l'hydrologie, la géologie ou la paléontologie et ne sera appelée « spéléologie » (du grec « spelaion » antre et « logie » étude) qu'à partir de 1890. Lorsque le spéléologue Pierre CHEVALIER entreprend, dans les années 1930, d'explorer le réseau de la Dent de Crolles (Isère), il s'entoure d'une poignée de passionnés, parmi lesquels Fernand PETZL. Malgré des techniques de progression encore balbutiantes et un matériel plus qu'approximatif, l'équipe parvient malgré tout à élever le site au rang de gouffre le plus profond du monde en 1946. Dix ans plus tard, fort de cette expérience, Fernand PETZL forme à son tour une expédition donnant lieu à un nouveau record du monde, celui du gouffre Berger, premier -1000 jamais exploré.
 /reportages-grenoble/actu-locale/PETZL-1668.html

Le Cabaret Frappé, le festival d’été 100% culturel et original ( avec vidéo )    15 Juil. 06
   culture-et-spectacles
 JR : Tu as en quelque sorte renforcé une idée qui était déjà présente sur les éditions antérieures à 2004 ? LS : Tout à fait, c’est une idée intrinsèque à ce qu’est le Cabaret Frappé. Dans le même temps, on s’est battu pour que ce festival devienne le festival d’été de la ville et pour avoir une fréquentation extrêmement mixte et mélangée de 7 à 77 ans. On a apporté le concert gratuit pour les enfants et on a mis en place une halte-garderie parce qu’on s’était rendu compte que les familles avaient des contraintes qui ne leur permettaient pas de rester jusqu’à minuit. De cette manière, nous répondons à une attente des grenoblois et ainsi s’est développé un regard plus citoyen sur l’événement. JR : Tu viens de répondre à ma prochaine question. LS : Alors, au revoir ! JR : Non, attends, ce n’est pas fini… JR : Pour parler des petits plus du Cabaret Frappé, la halte-garderie et les jeux sont-ils une demande du public ou leur création incombe-t-elle à votre équipe ? LS : Le Cabaret n’est pas juste une proposition de concerts gratuits et payants, c’est un temps d’animation puisqu’on propose, en partenariat avec la Maison des Jeux, à partir de 17h tous les jours, une cinquantaine de jeux du monde entier pour toute la famille et ce, jusqu’à 20h. Le premier concert gratuit est à 19h au Kiosque et dure une heure, de 20h à 21h des lectures sont proposées au public dans la roseraie du Jardin de Ville et à partir de 21h, des concerts se déroulent sous le Chapiteau (Magic Mirrors, ndlr) dans la partie payante, et en parallèle pendant ces concerts payants, on projette de la vidéo à destination du public à l’extérieur du Chapiteau. Nous avons une programmation image assez importante, doublée cette année d’une programmation cinéma grâce à un nouveau partenaire, le cinéma Le Méliès, qui nous propose deux films diffusés en cinémascope sur la partie gratuite après les concerts payants. Par exemple, le jeudi 20 juillet, après le concert de KEITH B. BROWN, jeune bluesman qui nous fait une relecture du Delta Mississipi Blues à la fois complètement pure et très extravagante, sera projeté le film THE SOUL OF A MAN (de Wim Wenders) sur l’histoire du blues, où cet artiste joue le rôle de Skip James. Et le jeudi 27 juillet sera projeté GHOST DOG (de Jim Jarmush) après la prestation afro-beat de ANTIBALAS (collectif interracial de Brooklyn), une soirée qui sera donc placée sous le thème du mélange racial aux Etats-Unis. JR : Pourquoi cette année la programmation se déroule-t-elle sur deux semaines au lieu de trois contrairement aux éditions précédentes ? LS : Le festival a été réduit à deux semaines cette année, à cause d’une baisse de nos finances qui est assez considérable, qui n’est pas liée ni à notre activité ni à la volonté municipale de vouloir réduire celle-ci, mais plutôt à une période de récession qui fait que les évènements directement financés par les collectivités territoriales se retrouvent avec un budget moins important. L’Etat se désengage de la culture de façon assez phénoménale, du coup ce sont les collectivités territoriales, les régions, les conseils généraux et les municipalités qui en subissent les conséquences et le Cabaret Frappé indirectement aussi. Par contre, même si le festival a été réduit d’une semaine, nous avons gardé le même volume d’artistes, c’est-à-dire que nous accueillons 30 artistes sur le festival, ce qui est l’équivalent de l’année précédente donc l’offre pour le festivalier reste la même. JR : Excellente démarche ! JR : Ma prochaine question est celle-ci : Penses-tu que la vocation du Cabaret Frappé soit devenue aujourd’hui plus que culturelle et divertissante, en servant de modèle et de motivation aux initiatives locales ? LS : Est-ce que tu peux reposer cette question ? JR : Oui, c’est vrai qu’elle est un peu longue. LS : Il faut que je dise quand même un truc aux internautes, il fait beaucoup de ratures, vraiment beaucoup de ratures. LS : Je ne sais pas si le Cabaret Frappé à valeur d’exemple par rapport aux initiatives des autres et je n’en suis vraiment pas du tout persuadé. Par contre, ce qu’on peut dire du festival, c’est que mon équipe et moi-même nous nous sommes efforcés d’amener l’événement là où il est, c’est-à-dire un événement médiant, qui est donc un ‘‘petit grand festival’’, considéré comme le petit frère, tant au niveau de la programmation que de son budget, par le Paléo Festival, Les Vieilles Charrues, Les Eurockéennes de Belfort ou Les Francofolies de La Rochelle, bref, ces grands festivals qui ont pour mission de proposer les nouveaux artistes et les nouvelles scènes. Le Cabaret Frappé a été positionné dans le paysage des grands festivals tout en restant un événement médiant, avec une jauge à 800 places en payant, et nous sommes dans le Jardin de Ville de Grenoble qui a lui aussi une capacité limitée d’accueil, puisqu’on a atteint certains soirs jusqu’à 3000 personnes pour les concerts gratuits. On a eu 30 000 visiteurs l’année dernière et 40 000 en 2004, et on en attend 30 à 35 000 cette année. Ca a fait de ce festival un événement important en Isère, c’est déjà très bien pour la huitième année d’en être arrivé là, mais la vocation de cet événement est de rester à taille humaine, ne pas être pourri de publicité sur le site, ne pas faire en sorte que les artistes passent à la chaîne, essayer de prendre le temps de réfléchir à la belle qualité d’accueil du public et des artistes, et faire en sorte de proposer une atmosphère à tout le monde qui soit l’identité du festival. En même temps, on a envie de grandir mais il faut arriver à préserver ce que le festival porte en lui de beau, d’humaniste et de citoyen, parce qu’il est accessible et parce qu’il propose à la fois un temps d’animation et un temps de culture, et surtout parce qu’il est sur l’espace public. Le Cabaret est complémentaire des autres types d’organisation et je suis très fier de diriger cet événement, d’en être le programmateur dans la mesure où très peu de villes en France peuvent se targuer d’organiser un événement dit animatoire qui ait une aussi forte teneur culturelle. Pour tout ça, Grenoble est vraiment un cas unique. Voilà. Merci ! JR : Merci à toi d’avoir repris les rênes en 2004 ! JR : Après Olli & The Bollywood Orchestra, Souad Massi, Gilberto Gil, Emir Kusturica et le doublé jamaïcain de légende de cette huitième édition, quels seraient les artistes que tu rêverais de faire participer au Cabaret Frappé ? LS : Ils sont tous morts (rires). JR : Tu pensais à qui ? LS : A John Lennon, par exemple. Je n’ai pas de rêve particulier, j’ai la chance d’avoir pu concrétiser beaucoup de mes rêves d’enfant et de fan, avant même d’arriver à Grenoble. Je ne fonctionne pas tellement sur des rêves, je n’ai pas de grand fantasme de vedette, mais c’est vrai que remonter un plateau avec Mohammed Ali (rires). Je déconne… mais sinon, à part organiser le Tour de France, non, je n’ai pas de grand rêve. JR : Tu parles de cyclisme, c’est toujours mieux que de football… LS : Ah non, c’est pareil, football, cyclisme, athlétisme, même combat… Même la pétanque… C’est pire que dans le spectacle, monsieur ! (rires) JR : Pour en revenir à des choses un peu plus sérieuses, est-ce qu’on peut considérer que le Cabaret Frappé a atteint une certaine vitesse de croisière ou que chaque année est un nouveau challenge pour trouver des partenaires ? LS : On a peut-être atteint l’âge de raison en terme d’organisation, parce que c’est la troisième année pour nous avec la même équipe et on commence à bien maîtriser le contexte dans lequel on évolue et on travaille, mais c’est une remise en question chaque année, oui. Chaque année, au moment des bilans, il faut tout renégocier et tout remettre à plat. Mais c’est un peu le propre de cet événement, de se remettre en question. Si on ne le faisait pas, peut-être qu’on s’endormirait et qu’on passerait à côté de ce qui fait notre réputation en dehors de l’Isère, en Rhône-Alpes et au-delà. Pour donner un exemple plus précis, la programmation 2005 du Cabaret Frappé s’est retrouvée quasiment entièrement en actualité au mois de novembre à Paris. Donc, notre boulot consiste tout au long de l’année à fouiner, à chercher, à sentir les artistes qui vont rencontrer un vrai succès au courant de l’année et pas à faire participer les artistes qui ont déjà remporté un vrai succès. On se met en recherche dès le mois d’octobre et jusqu’en février des artistes que l’on va proposer en juillet. J’ai personnellement des affinités avec certains styles ou certains artistes et d’autres moins, mais il y a toujours un regard sur le travail de l’artiste qu’on situe aussi par rapport aux média ou aux autres évènements auxquels ils ont participé. On va entendre parler de la qualité de tel ou tel spectacle et, même si on n’est pas friand de ce type d’esthétique, on va se faire sa propre idée et effectivement, on va programmer cet artiste s’il on estime que l’on peut le programmer au Cabaret. Le public aussi à ses propres attentes, et on essaie de prendre en compte ces attentes. On concocte donc nos petites recettes qui sont des thématiques, que l’on propose chaque jour et où les ingrédients sont les artistes, où tout est une affaire de dosage, entre les genres musicaux, les intentions, les émotions et les discours, et c’est cela qui crée l’atmosphère générale. JR : Comment vois-tu les futures éditions du Cabaret Frappé et qu’aimerais-tu y voir se développer ? LS : Comment je vois la suite ? Je la vois bien, la suite. Cette année, on fait une proposition sur le festival, réduit à deux semaines, avec des journée thématiques plus précises. On a une billeterie en prévente qui répond mieux que les années précédentes donc je suis impatient de voir quelle va être la réaction du public par rapport au dispositif. On travaille avec une nouvelle structure qu’on ne connaît pas et qu’on ne maîtrise pas, donc avec plein d’inconnu par rapport à ça. On a vraiment réfléchi à bonifier, à faire en sorte que la proposition artistique et le dispositif soient plus conviviaux et plus attractifs et on vérifiera ça ou pas à la sortie du festival et c’est seulement après qu’on pourra parler de l’avenir. Pour ma part, j’aime beaucoup l’idée que le concert d’été ait été rattaché au festival, ça crée un appel d’air dans la communication locale, régionale et nationale qui permet d’asseoir le festival et de lui donner un peu plus d’importance. Je pense que c’est une opération qui sera reconduite, comme on dit, on ne change pas une équipe qui gagne. Je ne me projette pas dans l’avenir, je suis dans la gestion de l’instant à moins d’une semaine du lancement du festival. Voilà. JR : Une toute dernière question, posée par notre caméraman, pourquoi avoir choisi le Jardin de Ville plutôt qu’un autre endroit ? LS : Je ne pourrais pas te répondre, je pense que le Jardin de Ville offre un cadre bucolique qui a poussé l’équipe municipale a choisir ce lieu et puis il y a une histoire aussi par rapport au Jardin de Ville ; dans les années 50-60, il y avait des grands concerts qui y étaient organisés, toutes les tournées de variété française de l’époque des yé-yé se passaient ici et même avant-guerre, il y a toujours eu des spectacles au Jardin de Ville, le kiosque à musique jusqu’à la deuxième guerre mondiale était fréquenté tous les dimanche par une guingette donc voilà, c’est historique à la ville de Grenoble et ce choix pour le Cabaret Frappé vient de cet héritage. JR : Merci Loran d’avoir répondu à nos questions. J’espère te croiser sur le festival, ainsi que ton équipe. LS : Merci. Je vous y attends tous et toutes, soyez les bienvenus au Cabaret ! Propos recueillis par Jérôme alias ‘Ooze’ (rédacteur) accompagné par Alexandre ‘Harmonius’ (caméraman) et Dominique Joguin (photographe). Quelques temps forts de la 8ème édition du Cabaret Frappé : Grand concert gratuit du 6 juillet avec THE JAMAICA ALL STARS et THE WAILERS, le 20 juillet avec KEITH B. BROWN (country blues), le 21 avec TROY VON BALTHAZAR (pop intimiste) et MERZ (électro-folk), le 25 avec BUMCELLO (électro débridée), le 26 avec KATERINE (chanson enflammée), le 27 avec ANTIBALAS (afro-beat orchestra), le 28 avec THE INFADELS (électro rock) et le 29 avec WAX TAILOR (électro cinétique). Voici le lien pour télécharger la vidéo directement. (Clic droit/enregistrer la cible du lien sous) télécharger l'interview vidéo de Loran STAHL, directeur du Cabaret frappé (14,4 Mo) Le tout fraîchement déposé sur les serveurs de votre partenaire vidéo millimetrage.com ! Plus de renseignements sur le site internet du festival > www.cabaret-frappe.com ou au 04 76 00 76 85
 /reportages-grenoble/culture-et-spectacles/Le-Cabaret-Frappe%2C-le-festival-d-ete-100%25-culturel-et-original-%28-avec-video-%29-1700.html

La série noire continue pour Benji Amaudru    27 Juil. 06
   sport
 ...s perdu dans « le coffre » du concurrent précédent ne fut pas énorme, il nous a juste bloqué dans un sous bois où il ne passait pas une voiture et un vélo côte à côte. Mais il a était très fair-play en nous laissant tout de suite le doubler à la sortie du bois. » Tout s’annonçait pour le mieux pour ...
 /reportages-grenoble/sport/La-serie-noire-continue-pour-Benji-Amaudru-1719.html

Ultime soirée du Cabaret Frappé    01 Aout 06
   culture-et-spectacles
 FIRECRACKERS. Influencé par des groupes tels que les RAMONES, AC/DC, HELLACOPTERS ou les STOOGES, la formation grenobloise développe aisément une certaine puissance sonore sur scène. Une claque pour ce qu’il vous restait de vos oreilles après le concert des INFADELS la veille. Une poussée de hargne saturée, du son à faire défriser les mamies et à décoller les moumoutes, bref les ingrédients d’un cocktail rock explosif ! LIMA DJARI. Encore du gros son pour cette formation électro trip-hop, dixit le programme du Cabaret. A vrai dire, on a un peu cherché le côté trip-hop, car le son électro couvrait la voix féminine pourtant haut perchée au-dessus des beats… A apprécier en concert ! SZ et FLUID IMAGE. C’est comme un lever de soleil qui s’immisce, qui se transforme en raz-de-marée puis en tornade, se radoucit et s’énerve à nouveau. Dans cet aventureux voyage du mariage du son à l’image en live, SZ et le collectif FLUID IMAGE ont, malgré quelques problèmes techniques liés aux conditions de direct, réussi à remporter leur défi. Une création originale, instrumentale et visuelle, aux accents nomades et hypnotiques…
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Une ballade en amoureux.    17 Sept. 06
   actu-locale
 ...route de Bourdeau. Laisse ta bagnole ou ton scoot sur la place de l’église de Bourdeau. Après, la route est barrée. Tant mieux. Tu peux passer en vélo. Mais c’est plus sport de faire 10 mn à pieds. Descends la route. Passe derrière le château de Bourdeau Château de Thomas II de Savoie (1199-...
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THEATRE(s) en SAVOIE    16 Oct. 06
   culture-et-spectacles
 . THEATRE(s) EN SAVOIE. C’est un bouillon de culture ce « Théâtre(s) en Savoie ». T.E.S. est une association qui regroupe des institutions culturelles locales et 120 troupes professionnelles et amateurs des 2 Savoie afin de contribuer au développement du théâtre en Pays de Savoie. En France il n’existe que 2 structures de ce type : Théâtre en Savoie et Théâtre en Bretagne. ° SES MISSIONS. . Si tu es côté scène, « TES » comme on dit, soutient et fédère les compagnies, les auteurs, les programmateurs, facilite les rencontres entre professionnels et amateurs, prête du matériel son et lumière, monte des stages de formation… . Si tu te trouves côté public, T.E.S. te sensibilise à la création théâtrale, te facilite l’accès aux œuvres et auteurs contemporains, t'offre plusieurs outils d’information : édite un guide des spectacles et des compagnies, édite une Lettre trimestrielle, gère un site internet, organise des manifestations et festivals… Théâtre en Savoie va dans le sens des politiques culturelles voulues par les deux départements (Savoie et Haute Savoie) en direction du théâtre. A cet effet, elle est subventionnée par l'Assemblée des Pays de Savoie. ° SON EQUIPE. Sur les 2 Savoie, l’équipe permanente est composée de . Pascale Sergent qui coordonne des projets et est responsable de la formation. . Gérard Linsolas est chargé de diffusion des compagnies professionnelles. . Hélène Debard est chargée du secrétariat et de la compta. . Il faut un technicien, William Brichler, pour gérer le parc matériel son et lumière mis à disposition des compagnies adhérentes.
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LES BARBARINS FOURCHUS remixés    18 Oct. 06
   culture-et-spectacles
 Forts d’un dernier album intitulé ‘Le verbe et la beauté’, sorti l’année dernière, très bien accueilli par la critique locale et nationale, LES BARBARINS FOURCHUS viennent de sortir un CD 3 titres où l’on peut retrouver ‘79’ (2 versions) et ‘J’avais’, morceaux de cet album, dans des versions remixées par Marc Minelli. Cet artiste multi-facettes officie depuis les années 80, avait déjà réalisé des remixes d'artistes tels que Amadou et Mariam, Gotan Project, Rozaneh ou Hamid El Kasri. Marc Minelli est, entre autres, le créateur du projet "Electro Bamako", issu de sa rencontre avec l'artiste malienne Mamani Keita, et plus récemment du 'Minelli Kitchen Sound System', qui allie 'live', percussions et Djs autour du jazz, du blues, du hip-hop ou des musiques du monde. Bref, un artiste ouvert d'esprit... De l’énergie latente des sonorités électroniques alliée à celle de leur verve, en résulte une musique intemporelle, réaliste et décalée, mais qui reste fidèle à la musique des BARBARINS. La rédaction de Dinoutoo vous invite à retrouver sur ce CD l’ambiance conviviale et particulière des BARBARINS FOURCHUS revue et transformée par un musicien et arrangeur de talent. LES BARBARINS FOURCHUS (remixés par Marc Minelli) CD 3 titres ‘Des idées’ déjà disponible. Dans le cadre du festival Rocktambule, ils sont en concert ce soir 18 octobre avec FRANCOIS THOLLET ET LES VELOURS, DEBOUT SUR LE ZINC et LES TETES RAIDES au Summum. Visitez les sites >>> www.barbarins.com et www.marcminellimusic.com
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Roller hockey    14 Nov. 06
   sport
 Caché dans l’ombre du hockey sur glace, le roller hockey se développe de plus en plus dans notre pays. Et c’est ce week-end que l’équipe de Champagnier reçoit une journée de championnat où pourront s’affronter plusieurs équipes. Les patins serrés, les protections ajustées, les crosses du rollers prouverons qu’elles n’ont rien à envier à leur grande sœur de la glace. Parrainé par l’ancien gardien des BDL, Patrick ROLLAND, l’équipe des ‘rockets’ va tout donner pour être à la hauteur de l’événement t’en attendu par ces joueurs. Début de la journée à 9h, l’entrée est libre, et l’ambiance assurément au rendez-vous. Il ne reste plus qu’a espérer de belles actions, de beaux buts, et des grandes victoires pour Champagnier.
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DJEMDI à La Bobine    25 Jan. 07
   culture-et-spectacles
 Dans cet univers où l’imaginaire est fertile, la place de l’image était une facette artistique à développer. C’est ainsi tout naturellement que William Belle, photographe, a su créer et intégrer les visuels qui composent le décor scénique. De teintes sombres aux couleurs chatoyantes, l’image s’anime et se métamorphose autour des musiciens, rendant l’ambiance plus vivante encore. Forts d’un premier album remarqué, intitulé "1+1+1+1=1" et sorti début 2006, DJEMDI a déjà partagé la scène avec des artistes de renom. On peut retrouver "Bleu", un des morceaux de cet album, sur la compilation Cuvée Grenobloise 2007 (cf. article précédent). DJEMDI sera sur scène le 16 mars prochain avec PEP’S, LES TIT’NASSELS et SIMEO au Summum de Grenoble, pour le premier concert de promotion de la compilation "Pas vu à la TV" regroupant 70 artistes de la scène française, d'horizons musicaux très variés.
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INLAND EMPIRE de David Lynch    07 Fév. 07
   artistes
 INLAND EMPIRE de David Lynch – sortie en salles le 7 Février "Une histoire de mystère. Au cœur de ce mystère, une femme amoureuse et en pleine tourmente". Ainsi se présente Inland Empire, par ce maigre synopsis, une nouvelle porte s'ouvre sur l'univers tortueux et obsessionnel du cinéaste américain David Lynch. Rideaux rouges, couloirs sombres, musique des années 50, terre d'Hollywood, les adeptes de Mulholland Drive (son précédent opus - 2001) et de Lost Highway (1997) ne seront pas dépaysés par ce nouveau labyrinthe mental mais seront sans doute déconcertés par la nouvelle esthétique savamment négligée de ce chantre du cinéma moderne. Inland Empire est le faux jumeau de Lost Highway. On se souvient de cette immersion dans l'inconscient de Fred Madison, cet homme rendu malade et schizophrène par la jalousie, persuadé que sa femme le trompe. Inland Empire part du même postulat mais du point de vue de la femme. Laura Dern (dont c'est le 3ème film avec Lynch après Blue Velvet et Sailor et Lula) incarne Nikki, une actrice de cinéma qui tombe amoureuse de son partenaire de jeu; mariée à un homme possessif, elle somatise son adultère et tombe dans les affres de la culpabilité. À l'égal de Lost Highway, Inland Empire développe un incroyable puzzle psychologique, brisant les logiques d'espace et de temps, enchevêtrant le rêve, le jeu, le faux à la réalité qui s'en trouve indiscernable. Lynch adopte pour ce film une démarche toute particulière, écrivant le scénario du film au fur et à mesure que les scènes se tournent. L'emploi d'une petite caméra DV (il utilise la Sony PD-150) trouve sa logique dans cette méthode qui s'apparente beaucoup à l'écriture automatique des surréalistes. Libérer l'inconscient et ne pas étouffer son scénario dans une structure trop rationnelle et construite. Le tournage a eu lieu à deux endroits différents: la ville de Lodz en Pologne et à The Inland Valley, une région de la Californie du Sud où réside le réalisateur mais sans savoir si les images tournées seraient utilisées. Lynch aime la loi du hasard, des rencontres fortuites et d'ailleurs le titre du film lui fut inspiré au cours d'une conversation par le nom du quartier où vit Ben Harper (le mari de Laura Dern): Inland Empire à Los Angelès. Fasciné par les nouvelles possibilités numériques, Lynch exploite les imperfections de la DV: image hypergranuleuse, mise au point flottante, lumière contrastée, très gros plans déformants sur les visages. Il explore le corps de ses acteurs comme une terre inconnue, fuyant la belle image, à la recherche du visage de la terreur. Inland Empire est un vrai film sur l'angoisse et la peur primitive. Laurent Devanne www.kinok.com
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ACROPOLYS, la puissance hybride    20 Fév. 07
   culture-et-spectacles
 ACROPOLYS est le nom d’un groupe de rock fusion grenoblois, formé de quatre musiciens dont Sofiane et Aurélien – qui officient par ailleurs au sein de MANGO GADZI, formation aux influences tziganes et flamenca – Evoluant dans un style tout à fait à l’opposé de la langueur des musiques du monde, ACROPOLYS se démarque des autres formations locales par son côté hybride. Mélange de rock puissant et de sonorités sombres, le groupe développe des ambiances relativement inhabituelles : Si les guitares saturées et le son de basse très prononcé se révèlent plutôt orientés fusion-métal, le chant en anglais, teinté de nuances orientales, est ce qui caractérise vraiment la personnalité musicale d’ACROPOLYS. Preuve en est que certaines sonorités ne sont pas incompatibles…
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Les carnets des rêveurs d’Afrique : El Jedida, Essaouira, Marrakech, Telouet    13 Avril 07
   actu-locale
 La 4L de Gilles est comme neuve ... ou presque. Notre route redémarre. Nous faisons une halte sur une butte rocheuse qui affleure l'océan. Un vieil homme tient à nous faire goûter son lait de vache, tout à fait agréable. Notre chemin suit la côte atlantique jusqu'à Essaouira. Les paysages sont somptueux: à notre gauche, le plateau aride s'étend à perte de vue. Sur notre droite, un patchwork de petites parcelles dévale le flanc de colline sur quelques centaines de mètre avant de tomber dans l'océan. Les embruns lèchent les potagers, les céréales, les labours. Les ânes et les charrues reprennent ici leur droits. La douce courbe côtière se change en falaises dentelées par le ressac. Nos 4L admirent le paisible spectacle des pêcheurs qui, au bas de la falaise, vont cueillir les coquillages en apnée et disputer les poissons aux cormorans. La route, brusquement, se change en champs de nid de poules et nos 4L sont à pied oeuvre pour montrer ce qu'elles savent faire. La lumière rasante du soleil couchant nous aveugle, notre première expérience du pilotage de 4L se solde par une victoire, pas d'embûches, pas de casse. La route redevient sage et nous rejoignons Essaouira de nuit. Nos tentes montées, notre repas prêt et nous rejoignons morphée en attendant, une fois de plus, demain avec impatience. Rêveurs d’Afrique Essaouira - Marrakech, Lundi 9 avril. Essaouira est une ville récemment tournée vers le tourisme. Son port de pêche bouillonnant d'activité et d'odeurs, sa médina - vieille ville construite en étroites ruelles blanches - sa plage de sable fin, sont des attraits auxquels nous cédons bien facilement: balade sur la plage et repas de crustacés en prévision des futurs jours moins gastronomiques. Aujourd'hui comme toujours, la crié bat son plein. Aujourd'hui, les rues brillent de mille feux, les rues sont plantées de dizaines de drapeaux du maroc. Aujourd'hui, des escortes de voitures officielles reluisantes amènent de grands dignitaires à Essaouira. Aujourd'hui, les façades sont repeinte, les trottoirs balayés, les bâtiments se font beaux: aujourd'hui on attend la proche visite du Roi Mohammed VI. Cette débauche de moyens pour prévoir la venue du roi nous laisse sur un sentiment en demi-teinte: est ce là l'amour d'un peuple pour son bienfaiteur, ou la marque d'une mégalomanie débutante... Sur la route de Marrakech nous faisons une halte à la fabrique artisanale d'huile d'arguant, tenue par une coopérative de femmes, qui soutient un objectif de développement local. Les abords de notre route sont arides, les moutons disputent les rares touffes d'herbe au sol désechée, jonchée de cailloux. Ce paysage dénudé contraste de manière saisissante avec l'entrée dans Marrakech. La ville est littéralement en explosion démographique. Des dizaines de milliers d'appartements jaillissement de terre, en grande partie pour les vieux jours d'européens en mal de soleil. A notre camping, nous tendons nos toiles de tente (de jour pour une fois !!!) alors que la voiture de Rémi et Fabien crachote à son tour. Tant pis, le carburateur attendra demain, ce soir nous sortons: Marrakech la nuit vibre d'une flamme toute particulière. La place Jema Al Afna bouillonne d'activité du matin au soir. Le jour la place est aux charmeurs de serpents, montreurs d'animaux et de curiosités en tout genre. Le soir ce sont les stands de petits plats qui se disputent l'espace avec la foule réunie là: grillades, tajines, jus de fruits, poissons, et des dizaines de sortent de plats enchantent nos sens. Couleurs, odeurs, sons, et saveurs à profusion. Nous reprenons une fois de plus des forces pour attaquer, dés demain, la "route aux 800 virages"! Rêveurs d’Afrique Marrakech - Telouet, Mardi 10 avril Le jour se lève sur de nouveaux carburateurs ! La matinée est consacrée à la mécanique, le footing, la grasse matinée ou encore la rédaction de carnets de voyages, toutes ces activités régulièrement perturbées par les cris des paons qui envahissent ce camping. Nos 4L démarrent avec une note de satisfaction. Nous traversons l'interminable banlieue de cette ville tentaculaire et mettons le cap sur l'Atlas dont les immensités blanchies surplombent la vallée avec majesté. Les contreforts de l'Atlas sont faits de douces collines verdies par les oueds. Là où se trouve l'eau se trouve la richesse, la vie ... et une myriade d'enfants qui réclament des bonbons - stylo - tricot. Les paysages de contraste découpent leurs couleurs au fil de la route: les ocres sableux, les rouges vifs de la terre, les verts des jeunes pousses printanières, le bleu azuré du ciel, le blanc des crêtes. La route grimpe, nos 4L ne semblent même pas s'en soucier. Nous arrivons fièrement au col de Tizi N'tichka à 2 200 mètres d'altitude. Du haut de l'Atlas des siècles d'histoire contemplent nos petites 4L. Nous obliquons alors vers Telouet, bourgade de 14 000 habitants, où une association de Vinay (oui oui, Vinay en Isère), participe activement au développement du village, à renforts de fournitures scolaires, de vêtements, et même d'un fauteuil de dentiste ! Nous visitons la casbah de Telouet: l'ancienne forteresse a pâtit des assauts du temps mais elle à conservé en parfait état les appartements du Glaoui et de son harem. Les mosaïques, les plâtreries ornées de sculptures ciselées, les ferronneries des fenêtres laissent entrevoir une époque de faste où le Glaoui, chef local équivalent au préfet, dominait la route des caravanes. Son pouvoir était tel qu'il fut parfois en difficulté dans ses relations à l'état marocain. Cet ancien édifice s'érode au fil des vents. Le soir nous sommes accueillis à l'auberge où nous goûtons notre premier couscous et notre première tajine. Nous sommes gratifiés d'un spectacle de danse des femmes du village: les youyous, les percussions et les parures colorées sont bien sur de la partie. Demain, nous attaquons l'aventure: de Telouet à Ait Benadou il faudra prendre une piste dont le guide du routard nous dit que même les 4X4 ont du mal à passer... inch'allah, demain il fera jour. Rêveurs d’Afrique
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Les carnets des rêveurs d’Afrique : Telouet, Ait Benadou, Zagora, Ouled Driss    13 Avril 07
   actu-locale
 De nombreux 4X4 croisent notre route. Les passagers et les chauffeurs nous regardent parfois avec des yeux ronds. « Jamais vous passerez avec vos voitures. Même les 4X4 ont des difficultés. » nous disent les uns. « Ca passe », affirment les autres. Nous envions les paisibles ânes qui ne se soucient pas de ces considérations là. Notre troupe fait halte pour examiner notre 4X4, dont un cardan donne des signes de faiblesse. Mais rien ne nous arrête. Badaboum. Une roche saillant vient d’heurter de plein fouet notre bas de caisse. Le carter sérieusement froissé mais pas de souci mécanique. Le paysage est désormais lunaire et accidenté. Nous arrivons à un col où des vendeurs de souvenirs attendent les 4X4 de touristes. La piste se met à dévaler la pente désormais forte, faite de roches instables, de trous, de bosses, et de ravines. Les 4L prennent leur souffle et descendent. Martine me guide dans cette chevauchée lente mais chaotique. Les bruits de choc sur la tôle rythment désormais chaque mètre de plus. Poussière partout, odeurs d’huile brûlée, essence surchauffée, courroies écartelées. Les 4L finissent par vaincre la descente sans avarie majeure. Martine me remplace au volant car la piste et l’étroitesse de l’habitacle des 4L ont fini par me filer une crampe. La piste redevient sage et se glisse entre les villages où des légions d’enfants courent autour de nos voitures (qui roulent au pas). Christine filme nos spectaculaires traversée des guets et encourage les pilotes. La piste débouche sur Aït Benadou, village spectacle. Les fourgons entiers de touristes nous paraissent tout à coup incongrus. Aït Benadou est un village berbère magnifique. Les architectures raffinées, l’oued et ses palmeraies, les édifices historiques en ont fait une place de choix de l’industrie cinématographique, qui est venue y tourner une quarantaine de films (dont Kingdom of Heaven et Gladiateur pour les plus récents). Nous bivouaquons au pied d’un marabout (mausolée bâti en l’honneur d’un saint homme) dans le vent glacial qui déferle dans la vallée. Un chien errant décide de monter la garde sur notre campement et nous dormons avec tranquillité. Rêveurs d’Afrique Aït Benadou – Zagora, jeudi 12 avril Notre chien de grade est toujours là à notre réveil (les restes de notre repas de la veille n’y sont pas étranger). Direction Ouarzazate, d’où nous envoyons quelques carnets de voyage. Le paysage est désormais désertique. Les roches et le sable ne laissent apparaître que des touffes d’herbes à l’exception des quelques résurgences d’eau qui forment des oasis plantées de palmiers. Lors de la halte casse-croûte, Gilles fait le baptême de nos 4L en s’enlisant dans du sable non tassé sous les ovations des spectateurs (nous). Nous franchissons un col et entrons dans la vallée du Draa. La vallée du Draa semble un pied de nez au désert ; langue de verdure, où la richesse des cultures a fait naître de nombreux villages. Nous suivons le Draa en empruntant la piste (plus calme que celle de la veille). Les moteurs souffrent de la chaleur. Christine et Martine, nos copilotes, ouvrent la route en écartant les enfants, nombreux le long de la route et que l’on risque de blesser à notre passage. Nous roulons au pas. Nous traversons le Draa pour reprendre la route en direction de Zagora. Ce soir, nous optons pour le camping car nous sommes maculés de sable et nous souhaitons être présentables demain, à Ouled Driss. Rêveurs d’Afrique Zagora – Ouled Driss, vendredi 13 avril Au lever du jour le chant des oiseaux et le braiment des ânes nous réveille. Nous touchons au but, les quelques kilomètres qui nous séparent de Ouled Driss sont vite avalés. Le paysage est bel et bien désertique, la chaleur devient pressante, les palmiers se font désormais bien rares. Nous croisons quelques dunes et quelques dromadaires. Enfin, nos 4L peuvent crier victoire : nous entrons dans Ouled Driss, petit village précédant H’mamid. Les responsables de l’association sur place nous attendaient. Nous déchargeons les 4L des quelques trois mètre cube de colis qui leur reviennent : cartables, chaussures, livres, fournitures, ordinateurs. Tout est arrivé à bon port. Nous buvons tous ensemble le traditionnel thé à la menthe. Nous sommes surpris par Ouled Driss. La ville est moins isolée que nous ne l’imaginions. Nous sommes aux portes du désert et les campings ont fleuri pour proposer aux nombreux touristes des balades dans le désert à dos de dromadaire. Cependant, cette activité profite aux propriétaires des campings et autres tour-opérateurs qui, bien souvent, n’habitent pas Ouled Driss. Cette bourgade est une nouvelle laissée pour compte du développement. Notre aide permettra aux enfants d’avoir accès à une éducation à laquelle ils n’auraient pas eu les moyens d’accéder. Nous profitons d’un excellent tagine olives-poulet avant d’en arriver à notre nouveau défi : le retour. Nous dissertons sur le programme à venir. Je cherche un cybercafé pour vous transmettre ces quelques lignes alors que nous n’avons pas encore arrêté notre choix. Ce qui est sur, c’est que ce soir nous campons dans les dunes. La nuit du désert portera conseil. Rêveurs d’Afrique
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Before de Dj Style au Maximo    14 Avril 07
   artistes
 Qu'est-ce qu'il te plait de faire quand tu ne travail pas ? Je cours, je fais un peu de natation, du vélo, du triathlon en faite ! C'est surtout pour moi, faut pas se laisser aller ! Et puis repos, télé, beaucoup les chaines de sport. Où es-ce que ...
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Les carnets des rêveurs d’Afrique : Ouled Driss, Tazarine, Errachidia, Azrou    18 Avril 07
   actu-locale
 Ouled Driss – Tazarine, Samedi 14 avril Hier, Mohamed, le responsable de l’association de Ouled Driss nous a accompagné pour un feu de camp sur les dunes de sable. Il nous a éclairé sur certaines facettes du Maroc. Nous visitons, ce matin, le village de Ouled Driss avec Kiki, le gardien de l’école, gérant du cybercafé, et vendeur de poules. Le contraste criard de Ouled Driss est un reflet des développements inégaux du Maroc. Le rue centrale voit passer des 4X4 de touristes venus goûter à une aventure sans surprises, les boutiques de boissons fraîches, de balades à dos de dromadaire, les échoppes de souvenirs mélangeant pêle-mêle les artisanats touaregs, berbères, et même indiens, les hôtels climatisés, les campings pour la jeunesse marocaine des villes (avec piscine, pour parfaire au comble de l’improbable)… quelques mètres plus loin on entre dans ce que l’on serait tenté de qualifier de « vrai » Ouled Driss : façade de terre rouge, ruelles étroites et imbriquées dans un dédale de murs fissurés, érodés, en semi abandon… les vieilles maisons n’abritent que les gens qui n’ont pas les moyens de quitter Ouled Driss. L’agriculture qui nourrissait la région est asséchée par le manque de pluie et le barrage de Ouarzazate un peu en amont. Sur cet injuste développement viennent se greffer les tensions éthniques, éternelle incompréhension entre les hommes. Les arabes et les berbères se jalousent. Les enfants-mendiants importunent les touristes qui se pavanent dans les atours de la société riche à laquelle ils appartiennent. La société de consommation passe en 4X4 climatisé et ne comprend pas les regards qui la fustigent. Quel est le sens d’une action solidaire ? Il est clair que l’action de notre association, ici, est partielle, inégale, imparfaite. Mais elle est utile. Doit-on rechercher l’Action Juste ou agir, tout simplement ? Le débat est vaste et je vais me contenter ici de reprendre notre chemin. Nous remontons dans nos bolides en direction de Zagora. Nous entrons sur la piste Zagora – Tazarine. Caillou, roche et rochers. La piste chaotique menace nos voitures, déjà bien éprouvées. Nous nous scindons en deux groupes, l’un poursuis sur la piste, l’autre, dont je fais partie, reprend une route plus sage. Le décor est minéral. Les collines de roches sédimentaires encerclent l’immense plaine. Deci delà les tentes éparses des nomades qui gardent les troupeaux de brebis. Les oasis décorent cet environnement minimaliste d’une auréole de vie végétale. Nous bivouaquons au pied d’une dune. Les buissons aux épines acérées se disputent les traces d’eau aux palmiers. La nuit nous recouvre. La voûte céleste brille ici de mille feux et nos songes voguent dans ses confins éthérés. Rêveurs d’Afrique Tazarine – Errachidia, Dimanche 15 avril L’embêtant quand on bivouaque à coté d’une nappe de sable, c’est qu’il faut non seulement y rentrer mais aussi en sortir! Au petit matin, il faut franchir quelques centaines de mètres de sable mou. La technique est simple : on dégonfle les pneus de nos 4L et on passe à fond, en maintenant le cap avec le moins d’à-coups possible. Nous gagnons la route et traversons des contrées minérales qui feraient le paradis d’un géologue : plissements, stratifications, falaises, cuestas, failles, fossiles, géodes, quartz … de quoi en prendre plein la vue et plein les pneus. Parfois, nous croisons des troupeaux de dromadaires qui semblent occupés à se repaître de cailloux. Au fond de cette immense plaine aride, Errachidia est un brutal rappel à la modernité. Rues propres, organisées, entretenues, contrôles radar à la jumelle, femmes habillées à l’européenne… nous étions en train d’oublier cette facette du Maroc, aux portes de l’Europe. Ici, le grand Oued Ziz est capté pour irriguer les immenses palmeraies plantées de cultures maraîchères. La ville grandit au rythme effréné des complexes hôteliers qui fleurissent à ses abords. Nous faisons route vers Midelt ou nous faisons halte à la sympathique auberge Jurassic (leur couscous est fameux). Vers 21 heures le reste de notre troupe, éreintée par 36 heures de piste et de route, nous rejoint… crevaisons, ensablements, une longue journée se termine pour eux. Rêveurs d’Afrique Errachidia – Azrou, lundi 16 avril Nous sortons d’Errachidia en longeant le Ziz. Celui-ci s’enfonce dans le manteau rocheux de l’Atlas par des crevasses parfois profondes, ou s’engouffre l’agriculture. En arrivant à Midelt, nous rejoignons la mission des sœurs franciscaines installée là bas. Ces dernières aident les familles berbères en leur donnant l’accès à l’éducation et à un travail décent. Nous leur donnons les affaires qu’il nous reste : quelques vêtements qui seront bien utiles à ces familles. Notre route grimpe dans l’Atlas et nous entrons dans les forêts de cèdre. Entre pins et cèdres, la végétation rappelle ici les massifs des Maure et de l’Esterel. Nous prenons une piste pour rejoindre un itinéraire un peu moins touristique en direction d’Azrou. La piste est chaotique. Nos 4L grondent et passent cette nouvelle épreuve, avec quelques remontrances toutefois : les ventilateurs tournent à plein régime, les carburateurs crachotent, les bas de caisse en ont raz le bol de se faire mal traiter par les rocailles. La pluie nous menace, nous devons passer le col en vitesse sous peine de nous enliser dans la boue. Au détour d’une colline nous retrouvons finalement le bitume alors que le ciel s’emballe : le vent se lève, il pleut, puis grêle et neige même un peu. Le paysage est bucolique : herbages éclatants, troupeaux de brebis, forêts de résineux, des cigognes se perchent sur le toit des maisons et parfois des oueds qui serpentent le long des falaises. Nous traversons la forêt des singes (sans les y rencontrer toutefois) et nous redescendons vers Azrou. La ville ressemble à s’y méprendre à une ville Européenne : toits de tuile, murs de crépi ocre, fermes de polyculture… elle a en effet été construite par des européens et sert de villégiature à nombre d’entre eux. Nous nous installons donc dans un camping qui ressemble à une ferme normande. Rêveurs d’Afrique
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Ooze ou le rock associatif    23 Avril 07
   culture-et-spectacles
 Marionima (DINOUTOO) : Peux-tu expliquer ce qui est à l'origine de la formation de OOZE ? Jérôme (OOZE – chant & guitare) : OOZE est à l'origine un projet musical que j'ai commencé en solo en l'an 2000, au chant et à la guitare, avec un style folk-pop intimiste très acoustique. J'avais joué dans des formations rock et folk-rock auparavant, à la basse, et j'ai souhaité lancer mon propre projet parce que je n'y ai pas trouvé tout à fait ce que je cherchais musicalement. C'est cette recherche sonore qui, encore aujourd'hui, m'intéresse énormément. Depuis fin 2004, nous sommes quatre musiciens : Romain à la batterie, Christine au chant et aux choeurs, Manu à la basse, et moi au chant et à la guitare. Le style d'origine a fatalement évolué avec l'arrivée des trois autres... M : Vers quel style se tourne OOZE aujourd'hui ? J : Fini le côté intimiste, nous jouons maintenant un pop-rock hybride, en acoustique ou électrique, avec des influences légères de soul, bossa-nova, jazz ou blues, que nous allons essayer de développer un peu plus. Mais il nous arrive en concert de jouer plus rock, certaines fois en son saturé... quelquefois même punk :) Avec les goûts musicaux très différents mais néanmoins complémentaires de chacun, on s’efforce d'être éclectique dans ce qu'on veut jouer. M : Quels sont vos projets pour 2007-08 ? J : OOZE est soutenu par l’association du même nom, qui organise des manifestations de promotion de la scène de St Martin d’Hères où nous répétons. Le 28 avril prochain, l’association co-organise avec la ville de St Martin d’Hères un concert gratuit où se produiront 5 groupes dont OOZE à la Maison de quartier Texier (163 avenue Ambroise Croizat à St Martin d’Hères). Le plan d’accès est disponible sur le site de l’association ou du groupe. Avant l’été, OOZE devrait sortir un CD 4 titres promotionnel qui ne sera pas commercialisé. Nous enregistrons l’album cet été, et il devrait arriver chez les disquaires locaux au printemps 2008, tout au moins je l’espère. Autre événement d’importance, l’association attend une réponse prochainement pour l’organisation du Festival XII 2ème édition à l’Heure Bleue (la 1ère édition avait rassemblé deux groupes locaux - ISIS et LIGA – et OOZE avait assuré leur première partie, le 24 juin 2006). M : Une saison qui s’annonce chargée, donc ! Qu’est-ce que tu rajouterais, pour conclure ? J : J’invite les gens qui ne connaissent pas encore OOZE à venir le 28 avril, et ça fera patienter ceux qui attendent notre album ou un petit quelque chose à écouter sur notre site. En plus, c’est gratuit !
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Une nouveau projet nommé Oxygène !    16 Mai 07
   actu-locale
 Cette tour aura aussi pour maître mot : développement durable. Elle est étudiée pour assurer un maximum l’isolement malgré sa grande surface vitrée. Et pour ne pas tomber dans le travers du high-tech, un toit recouvert d’herbe viendra égayer ce quartier remplit de béton. Grâce à ce projet Lyon compte bien rentrer dans les Grandes Villes d’Europe. Quelques chiffres : Hauteur de la tour : 115m Surface : 28 794 m2 Niveaux : 28 étages Surface vitrée : plus de 80% Bureaux éclairés en lumière du jour directe: 80% Parking : 420 places en sous-sol sur 4 niveaux Ascenseurs : 7 Source.
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khadrya Fadélia    03 Juin 07
   people
 Cheikhna cheikh Muhammad Fâdil b. Mâmîn, né en 1797 dans le Hawd (région du Sud-Est mauritanien), réussit à fonder à l'intérieur de la confrérie mère, la Qâdiriyya, sa propre confrérie : la Fâdiliyya (Boubrik 1999). Il mourut en 1286/1869 1, laissant plus de quarante enfants. La gestion de l'héritage du fondateur fut donc la préoccupation majeure de la famille. Et comme dans chaque entreprise basée principalement sur le charisme personnel, la domination charismatique fut amenée à changer de nature avec la disparition du fondateur. Nous passons donc d'un modèle de fondateur à un modèle de gestionnaire (Elboudrari 1985b : 503). La routinisation du charisme et la manière dont fut résolue la question de la succession déterminèrent le devenir religieux et social de la confrérie (Weber 1995 : 326). Muhammad Fâdil a mis en place, au cours du XIXe siècle, une stratégie qui lui a permis de s'imposer comme une figure religieuse. En plus de son charisme héréditaire et de son capital culturel mystique, Muhammad Fâdil développa un charisme personnel. Dans une société en crise dominée par les guerriers (hassân), le saint 2 s'imposa comme protecteur et sauveur. Son lieu de résidence devint non seulement un sanctuaire et un centre religieux, mais encore un centre social et politique. Un des aspects importants de l'itinéraire et de l'action de notre saint fut cette interaction des domaines tribal et confrérique dans toutes les étapes de sa vie. Muhammad Fâdil réussit à (re)fonder la tribu des Ahl at-Tâlib Mukhtâr, en s'appuyant sur une légitimité religieuse et sur un capital charismatique. Le prestige religieux, qui s'exprima par la formation d'une tarîqa, ne tarda pas à se transformer socialement en leadership politique, comme ce fut le cas pour d'autres chefs confrériques, notamment Sidiyya al-Kabîr, dans le Trârza (Ould Cheikh 1991). En fait, dans le pays bidân 3 les fondateurs des confréries étaient souvent animateurs d'une fondation tribale. Le chef confrérique devint un chef tribal sans pour autant s'affirmer comme tel ; Muhammad Fâdil voulait conserver son rôle religieux au détriment de son rôle tribal. Et rapidement, il confia à son fils al-Hadrâmî la direction des affaires sociales et politiques de la tribu des Ahl at-Tâlib Mukhtâr. Nous avons mis ici l'accent sur le caractère tribal de l'action du saint fondateur parce que cet aspect est important dans le devenir de la tarîqa et des héritiers. Les premiers successeurs D'après les écrits, Muhammad Fâdil ne désigna aucun successeur (khalîfa). Néanmoins il restreignit cette fonction à ses propres enfants. Quand une personne de son entourage lui posa la question du devenir des Ahl at-Tâlib Mukhtâr, après sa mort, il répondit : « Si je meurs, je les laisserai entre les mains de mes fils » (Wuld Muhammad Lahbîb : 347, N) 4. Dans les dernières années de la vie de Muhammad Fâdil, douze de ses fils atteignirent un statut spirituel et social important. Deux d'entre eux étaient installés l'un dans le Trârza (Sa'd Bûh) et l'autre dans la Sâgiya al-Hamrâ (Mâ al-'Aynayn). Ses autres fils demeuraient au service de leur père. Celui-ci réserva à chacun d'eux une place particulière et les combla d'éloges. Il avait néanmoins une légère préférence pour quelques-uns, comme le montre cette phrase : « Sîdî `Uthmân et Taqiyyu Allâh sont comme moi, et Ma al-'Aynayn et Muhammad al-Ghayth sont mieux que moi (khayrun minnî) » (Wuld Muhammad Lahbîb : 361, N). Si la tradition écrite ne rapporte aucun élément décisif à propos de la question de la succession, la tradition orale 5 est, sur ce sujet, plus éloquente. Muhammad Fâdil choisit pour sa succession cinq de ses fils : Sa'd Bûh, Mâ al-'Aynayn, Sîdî `Uthmân, Taqiyyu Allâh, et al-Hadrâmî. Les deux premiers furent désignés très tôt pour aller s'installer hors du Hawd : « Muhammad Fâdil a ordonné à Sa'd Bûh de se rendre au Gibla (Trârza) pour apprendre et Mâ' al-'Aynayn au Sâhal (Sahara occidental) pour enseigner. Il mit sur la tête de chacun un turban (`amâmat), Sa'd Bûh le turban de la science ésotérique (`ilm al-hâtin) et Mâ' al-'Aynayn celui de la science exotérique (`ilm az-zâhir) » 6. La tradition s'appuie (voire s'inspire et se reconstruit) sur la réussite des deux personnages dans la conquête des deux régions ainsi que sur le succès dans les deux domaines de la science : Sa'd Bûh étant connu pour ses pouvoirs surnaturels, et Mâ al-'Aynayn pour sa production théologique extraordinaire, une cinquantaine de ses livres ayant été lithographiés à la fin du XIXe siècle au Maroc. En réalité, ce partage et essaimage, connus au sein d'autres tarîqa, répondaient à deux objectifs : d'une part, éviter la concurrence entre les frères, de l'autre, assurer la diffusion et l'influence de la Fâdiliyya dans le pays bidân et au-delà. Ainsi, à la fin du XIXe siècle la tarîqa se propagea du Sénégal jusqu'au nord du Maroc. L'étude de l'itinéraire de ces deux fils de Muhammad Fâdil témoigne de deux stratégies de conquête d'un espace ; conquête à la fois symbolique, religieuse, sociale et politique. D'une part Sa'd Bûh, se trouvant dans un espace occupé, fonda sa conquête sur un modèle de religiosité confrérique et se distingua ainsi du modèle régnant dans le Trârza. D'autre part, devant le pouvoir temporel de l'émir, il utilisa son pouvoir symbolique pour surmonter ses adversaires. Mais dès l'instauration de son autorité, il opta pour l'élargissement de sa base religieuse en s'orientant vers le sud du fleuve Sénégal. Son espace de résidence, peu accueillant, le poussa non seulement à chercher une clientèle lointaine, mais également à se rallier aux Français, force politique et militaire qui s'imposa au début du XXe siècle dans la région (Boubrik 1996). Quant à Mâ al-'Aynayn, il s'employa dès son jeune âge à établir son pouvoir dans un espace hostile et peu sensible au discours religieux prôné par le saint. En revanche, l'absence d'un pouvoir religieux et politique fort dans la région contribua à la réussite de son projet. C'est en profitant d'une situation objective et surtout de son charisme, de ses qualités individuelles, de sa capacité d'agir sur le terrain, qu'il put s'établir au Sahara occidental. Il s'y distingua par son sens du politique et par une capacité remarquable à ancrer son pouvoir sur le terrain : alliances matrimoniales, fondation de cités, alliances avec des forces politiques influentes dans la région, rassemblement de tribus au nom du jihâd (Boubrik 1999). La divergence de stratégie entre les deux frères était déterminée par le lieu de leur établissement. Remarquons que le parcours de Ma' al-'Aynayn fut marqué par une action politique très affichée, qui s'acheva par sa proclamation au titre suprême de sultan du Maroc en 1910. En revanche Sa'd Bûh resta dans une sphère religieuse. Son impact religieux s'inscrivit dans la durée. Jusqu'à maintenant sa famille compte des milliers de disciples, notamment au Sénégal. Ces deux fils, qui n'étaient pas des candidats directs à la succession du saint fondateur, donnèrent à la tarîqa Fâdiliyya une dimension spatiale, religieuse et politique importante. Par ailleurs, les parcours de Sa'd Bûh et Mâ' al-'Aynayn comme celui du saint fondateur, infirme la thèse qui attribue à l'homme de religion un rôle principalement de médiation pacifique, ayant pour fin de conserver un certain équilibre dans une société menacée en permanence par les conflits segmentaires 7. Revenons maintenant à la question de la succession et aux successeurs directs de Muhammad Fâdil dans le centre de la tarîqa. Au Hawd, ce fut Sîdî `Uthmân, le fils aîné de Muhammad Fâdil, qui succéda officiellement à son père après sa mort ; c'était une suite logique dans la tradition familiale, étant donné la place qu'il occupait auprès de son père. Enfant, il avait été « allaité » par Muhammad Fâdil. Ce dernier avait dit à propos de Sîdî `Uthmân : « Avant qu'il ait atteint le quarantième jour, sa mère tomba malade et il n'y avait personne pour l'allaiter, aussi lui ai-je donné mon nez (nawaltuhu anfî), il l'a tété jusqu'à plus soif » (Wuld Muhammad Lahbîb : 352, N). Muhammad Fâdil exerça une double parenté à l'égard de cet enfant en remplaçant la mère dans ses fonctions maternelles initiales. La négation de l'héritage maternel nous la trouvons chez d'autres lignages saints, l'une des figures de sainteté dans le pays bidân est nommée bûbazzula (homme au sein) ; il aurait allaité tout seul son fils. Cet acte de transmission fut suivi d'un second acte. Durant la cérémonie « de la coupe des cheveux », la mère de Sîdî `Uthmân demanda à ce que le père offrît une de ses esclaves à son fils. Muhammad Fâdil lui proposa plutôt de choisir pour Sîdî `Uthmân entre une esclave ou le statut spirituel (maqâm) de Shaykh Abd al-Qâdir aj-Jilânî (fondateur de la confrérie Qâdiriyya). Sans hésiter la mère opta pour le maqâm du grand mystique (Wuld Muhammad Lahbîb : 353, N). Sîdî `Uthmân ne demeura pas longtemps à la tête de la Fâdiliyya puisqu'il décéda de la variole une année après la mort de son père. Ainsi le problème de la succession se posa de nouveau mais d'une façon plus ambiguë. Cependant, tous les fils de Muhammad Fâdil s'effacèrent, sauf deux d'entre eux : Taqiyyu Allâh et al-Hadrâmî. Selon certains récits oraux, Muhammad Fâdil avait confié à Taqiyyu Allâh la direction spirituelle et à al-Hadrâmî les affaires temporelles. D'autres avancent qu'après la mort de Sîdî `Uthmân, Taqiyyu Allâh fut élu à la succession mais, en raison de sa piété, il confia à son frère al-Hadrâmî la direction politique et les affaires temporelles. Une troisième version rapporte que Muhammad Fâdil avait désigné de son vivant al-Hadrâmî à la direction politique, et que ce dernier demanda à Taqiyyu Allâh de se charger des affaires religieuses. Qu'importe les divergences entre les récits à ce propos, ce qui est essentiel ici c'est que tous mettent l'accent sur la division entre les charges temporelles et les charges religieuses, autrement dit sur la distinction entre la direction spirituelle de la tarîqa Fâdiliyya et la direction politique et sociale des Ahl at-Tâlib Mukhtâr. Nous pouvons nous demander si la scission entre les deux domaines fut imposée par les circonstances de l'époque qui nécessitaient une action sur les deux fronts afin de conserver et d'élargir d'une part l'influence spirituelle de la Fâdiliyya, et d'autre part l'influence sociale et politique de la tribu. Cette séparation du spirituel et du temporel résulta-t-elle d'un consensus entre les deux frères, après une confrontation pour le partage du pouvoir ? Il est difficile de donner une réponse à cette interrogation. Ces deux personnages marquèrent l'histoire de la Fâdiliyya après la mort du père fondateur. Taqiyyu Allâh naquit en 1826, une date significative pour son père Muhammad Fâdil : « Muhammad Taqiyyu Allâh aura un grand avenir, il est né à la mort de Shaykh Sîdî Muhammad al-Khalîfa b. Shaykh Sîdî al-Mukhtâr » (Wuld Muhammad Lahbîb : 356, N). Il était fait ainsi allusion au dernier grand représentant de la Qâdiriyya saharienne, et dans le même sens il aurait dit aussi : « Si Dieu avait honoré Shaykh Sîdî al-Mukhtâr par [en lui donnant] son fils Sîdî Muhammad, pour moi il m'a honoré (karramanî) par Taqiyyu Allâh » (ibid.). De même, Muhammad Fâdil dit : « Quand Muhammad b. al-Aswad est mort, il a désigné Muhammad Taqiyyu Allâh pour sa succession » (ibid.). Muhammad b. al-Aswad fut l'une des références mystiques de Muhammad Fâdil. Ces deux comparaisons avec Sîdî Muhammad -- successeur de son père Sîdî al-Mukhtâr al-Kuntî à la tête de l'autre branche de la Qâdiriyya --, et cette allusion à Muhammad al-Aswad signifiaient en soi une désignation implicite à la succession spirituelle, faite par Muhammad Fâdil en faveur de Taqiyyu Allâh. D'ailleurs, al-Mukhtâr w. Hâmidûn affirme que Taqiyyu Allâh fut le successeur de Muhammad Fâdil après sa mort (Wuld Hâmidûn, s.d. : 11). Par ailleurs, Taqiyyu Allâh se distingua, parmi ses autres frères restés au Hawd, par sa réputation d'homme mystique. Ses multiples miracles (karâmât, sing. karâmat : prodiges des saints ; grâce probatoire) contribuèrent à forger cette image auprès de son entourage. Cette réputation fut renforcée par son départ en retraite vers le nord, dans la région de Tîgîgl qui se situe au nord-ouest de Walâta, un retrait considéré par la famille comme la preuve de l'aspect spirituel de ce personnage qui refusa toujours de se mêler des affaires mondaines. Avant son installation à Tîgîgl, Taqiyyu Allâh séjourna à Walâta pendant deux ans ; durant ce séjour, le qâdî de cette ville, At-Tâlib Babakr b. Ahmad al-Mustafâ al-Mahjûbî (m. 1917) 8, lui rendit visite, comme il en témoigne : « [...] il était un saint (walî), savant (`ârifan), pieux (taqiyan), généreux, modeste [...] honoré (mu'azzaman) par tous, aimé (mahbuban) chez les savants et les saints (al-'ulamâ' wa as-sulahâ') [...] il était un éducateur -- sens mystique -- (murabbî), il reçut les disciples venus de toutes les régions [...] » (Wuld Ahmad al-Mustafâ al-Mahjûbî : 264-265). Au cours de ce séjour, Taqiyyu Allâh obtint également, de la part des gens de Walâta, la reconnaissance de son statut de sharîf (descendant du prophète Muhammad) (Wuld Shaykh Mâmîn : 8). Notons qu'à son arrivée à Walâta, Taqiyyu Allâh avait subi certaines provocations. Il faut dire que les citadins de Walâta étaient moins accueillants en général envers les mashâyîkh (sing. shaykh) confrériques. « Mohammed Taki Allâh est également resté longtemps à Oulata. [...] Mais quoique n'ayant pas eu les mêmes difficultés avec les habitants du pays que les Bekkay [la confrérie Bakâ'iyya], il l'a quitté, lui aussi, pour se fixer dans la partie méridionale du Tagânat » (Le Chatelier 1899 : 328). Nous n'avons aucune précision sur la date de l'installation de Taqiyyu Allâh à Tîgîgl, mais il ne s'y installa probablement qu'après la mort de son père. C'est pendant cette période qu'il intervint auprès de l'émir de Tagânat, Bakkâr w. Swayd Ahmad, à la demande des tribus du Hawd. D'après le récit de Hayât al-'âbid al-awwal, des tribus hassân (guerrières) étaient arrivées au Hawd et avaient ramené un grand nombre de têtes de bétail vers le Tagânat. Tous les gens (ahl) du Hawd vinrent donc chez Shaykh Muhammad Taqiyyu Allâh et lui demandèrent d'aller au Tagânat pour récupérer leurs biens. Taqiyyu Allâh se dirigea alors vers le campement de l'émir Bakkâr w. Swayd Ahmad, lequel, à son arrivée, décampa sans prévenir ; mécontent, Taqiyyu Allâh envoya un émissaire à l'émir pour exprimer sa déception et l'avertir des risques de son comportement. L'une des filles de l'émir, étonnée de l'audace de Taqiyyu Allâh, s'adressa à son père : « Cet homme qui ose te parler ainsi sur le dos de Tagânat (zhar Tagânat) [dans ton propre pays, sans peur] ne peut être qu'un être exceptionnel (sha'n `azîm) » (Wuld Shaykh Mâmîn : 5). L'émir donna l'ordre de retourner chez le shaykh. Quand il le retrouva, Taqiyyu Allâh lui exposa les raisons de sa visite. Bakkâr w. Swayd Ahmad lui rendit les biens pillés et lui offrit, en plus, un cheval et un chameau qui étaient ses propres montures, en échange desquels l'émir lui demanda deux faveurs : « Je veux que tu me donnes un bout de tissu pour la bénédiction (thawb li-al-baraka) et que tu me garantisses que mon corps sera sauvé de l'enfer (tazman lî jasadî mina an-nâr) » (ibid.). La même source rapporte que cet émir fit allégeance spirituelle (bâya'a) à Taqiyyu Allâh. Entre le saint et l'émir, les rapports furent toujours marqués par le défi, mais ils aboutirent à une reconnaissance mutuelle avec un avantage en faveur du saint qui se vit sollicité pour protéger l'homme politique. Soulignons que l'émir Bakkâr w. Swayd Ahmad avait pris contact avec Mâ al-'Aynayn afin d'organiser le jihâd. Il fut tué le 1er avril 1905 dans une attaque menée par Frèrejean qui était chargé par Coppolani d'occuper le Tagânat. Ainsi donc Taqiyyu Allâh représentait, dans la tradition, la figure spirituelle par excellence ; il était toujours solitaire dans des khalwa (retraite mystique) : « Il passe un, voire deux mois sans entrer sous un toit, sans manger, boire, ni parler avec qui que ce soit » (Sa'd Bûh b : 6). Néanmoins, son intervention auprès de l'émir démontre son engagement dans les affaires temporelles ; bien entendu il s'engageait en sa qualité d'homme de religion et non d'homme politique, mais il faut remarquer que chaque action, perçue comme religieuse, avait une dimension politique et sociale. Ceci dit, Taqiyyu Allâh n'effectua pas une retraite mystique complète, comme le veut la tradition orale et écrite de la famille. Revenons à la deuxième figure. Aussitôt après la mort de Sîdî `Uthmân, dont les charges restèrent unies dans sa succession, al-Hadrâmî convoqua ses frères adultes à Mahmûda 9 et demanda au plus âgé d'entre eux, Muhammad al-Hassan, de prendre la succession. Ce dernier refusa et Muhammad Bûya (frère aîné germain de al-Hadrâmî) intervint en disant à al-Hadrâmî : « C'est toi que notre père avait chargé de cette responsabilité et personne n'a le droit de l'assumer à ta place » 10. Al-Hadrâmî accepta de prendre ces charges sous trois conditions relevant du partage des biens matériels de la famille. Ses frères acceptèrent cette décision, et chacun d'eux prit sa part de l'héritage du Shaykh Muhammad Fâdil. Cette initiative de al-Hadramî marqua l'indépendance de chaque fils adulte dans des unités familiales élargies qui portaient le nom de `iyyâl et formèrent plus tard les principales fractions des Ahl at-Tâlib Mukhtâr 11. L'autonomie des `iyyâl ne fut que matérielle parce que toute la tribu fut placée sous le commandement de al-Hadrâmî. Ce dernier était pour Muhammad Fâdil son propre fils (il l'avait engendré) : « Al-Hadrâmî est le fils de mes côtes, comme s'il n'avait jamais été enfanté par une femme, comme s'il était issu de moi-même (al-Hadrâmî ibn dil'î hadhâ kaannahu mâ-marra bi-imra'atin min ba'dî bal ka `annama kharaja minnî) » (Wuld Muhammad Lahbîb : 357, N). Un autre exemple révélateur du déni de la filiation maternelle au profil de l'héritage paternel : « Ce fils des côtes » de Muhammad Fâdil devint le chef politique de la tribu des Ahl at-Tâlib Mukhtâr, et ce fut sous sa direction que la tribu se structura. Pendant la vie de son père, al-Hadrâmî avait rempli plusieurs missions à caractère politique parmi les tribus de la région, notamment chez la chefferie des Mashzûf 12. Il avait été, en quelque sorte, le gestionnaire des affaires politiques et sociales de son père, et avait acquis ainsi une riche expérience. Selon la tradition des Ahl at-Tâlib Mukhtâr, avant même leur victoire finale sur les tribus du Hawd, Muhammad Fâdil prédit l'avenir des Mashzûf et envoya son fils al-Hadrâmî à la rencontre de Wuld Lamhaymîd, leur chef. Al-Hadrâmî lui annonça que Muhammad Fâdil avait lu sur son front les mots suivants : « Le dévastateur des États (hâtik ad-duwwal). » Il lui promit qu'il dominerait tout le Hawd, mais à condition de s'engager à exonérer les Ahl at-Tâlib Mukhtâr d'impôt (maghram) et à leur épargner toute injustice. Le chef des Mashzûf accepta la requête de Muhammad Fâdil, et ce pacte fut respecté ensuite par tous les chefs Mashzûf 13. Une autre version signale un incident qui, même s'il paraît contradictoire avec ce qu'on vient d'avancer, souligne le rôle de al-Hadrâmî comme représentant de la tribu dans ses relations extérieures, notamment avec le pouvoir politique dominant : « Un jour, l'émir de Mashzûf passa à côté du campement du shaykh, il envoya un émissaire pour demander son maghram, le shaykh envoya son fils al-Hadrâmî avec le maghram ; en arrivant chez l'émir, al-Hadrâmî lui demanda la hadiyya (offrande) du shaykh ; convaincu par la légitimité de la demande du shaykh, il lui offrit sa hadiyya et prit son maghram » 14. Chacun s'inclina donc devant la demande de l'autre, ce qui revenait à une reconnaissance mutuelle d'autorité et de légitimité. À la tête des Ahl at-Tâlib Mukhtâr, al-Hadrâmî se distingua par les stratégies qu'il déploya pour donner à son groupe un poids social en négociant les questions territoriales, élargissant sa clientèle ; en même temps, et surtout, il permit à la tribu de récupérer d'anciens alliés tels que les Ahl at-Tâlib Abd al-Bâqî 15. Par ailleurs Sa'd Bûh mentionne que al-Hadrâmî exerçait déjà son autorité sur la tribu, du vivant de Muhammad Fâdil (Sa'd Bûh b : 7). Cette autorité lui était reconnue plus tard par ses frères, lesquels l'avaient investi eux-mêmes de ce rôle : « Ses frères aînés lui ont remis le commandement (sallam lahu al-'amr) sans dispute ni obstination (jadal walâ `inâd), il a organisé (sâsa) les affaires de sa tribu (`ashîratihi) et a posé sa structure (wâda'a `asâsaha) sur les bases de la sharî'a [...] il a levé le déshonneur de sa tribu » (ibid.). Toutefois le consensus autour de al-Hadrâmî comme chef politique des Ahl at-Tâlib Mukhtâr n'empêcha pas les oppositions internes. Sa'd Bûh évoqua les contestations que rencontra al-Hadrâmî dans son entreprise pour le contrôle de la tribu : « Il est jalousé par les siens, tantôt ils le fuient, tantôt ils incitent les gens à fuir. [...] Les membres de sa tribu ne se sont soumis à lui que sous la contrainte et non volontairement (dânat lahu riqâbu `ashîratihi kurhan lâ taw'an) » (ibid.). Avant sa mort, Taqiyyu Allâh rassembla ses fils et « les incita à la soumission à leur oncle Shaykh al-Hadrâmî » (Wuld Shaykh Mâmîn : 6). Ces indices montrent que l'autorité de al-Hadrâmî était l'objet de certaines contestations internes. À l'opposé des autres fils de Muhammad Fâdil restés dans le Hawd, al-Hadrâmî se forgea un statut de chef tribal et politique. Le même qâdî de Walâta qui avait décrit Taqiyyu Allâh, avait rencontré al-Hadrâmî six fois (en général au sein de la chefferie des Mashzûf). Il le décrivit ainsi : « Il a allié la sharî'a et le soufisme (al-haqîqa), avec les affaires de ce bas-monde et leurs gens (siyâsat ad-dunyâ wa al-'âkhira) [...]. Il a associé la science (`ilm) avec la pratique (amal), et a uni la politique publique avec celle des particuliers (siyyâsat al-'âmmat wa al-khâssat) » (Wuld Ahmad al-Mustafâ al-Mahjûbî : 266). L'accent mis par l'auteur sur l'engagement de al-Hadrâmî dans les affaires temporelles est significatif, surtout si on compare cette description à celle du même auteur à propos de Taqiyyu Allâh. Cette même observation fut partagée par le Français A. Le Chatelier. Dans sa description des deux personnages à la fin du XXe siècle, il écrivit à propos de Taqiyyu Allâh : « Il représente la principale influence religieuse dans la région comprise entre l'Adrâr, le Djouf, le Hodh et le pays des Douaïch [Idaw'îsh]. » Quant à al-Hadrâmî, Le Chatelier ne vit pas en lui un personnage religieux : « Il paraît faire exception aux traditions de sa famille et [semble] peu intéressé aux choses religieuses » (Le Chatelier 1899 : 328). Pourtant, pour les descendants de al-Hadrâmî, soucieux d'entretenir une dimension spirituelle pour le personnage, al-Hadrâmî fut aussi un homme de religion de premier plan. Malgré ses tâches de caractère politique, il ne cessa d'accueillir les disciples et de représenter la Fâdiliyya comme les autres fils de Muhammad Fâdil. Dailleurs, quand son père lui confia la responsabilité des affaires de la tribu, al-Hadrâmî se serait exclamé en disant à son père : « Est-ce que vous me confiez cette tâche parce que je ne suis pas en mesure d'assumer un rôle spirituel comme mes frères ? » Muhammad Fâdil le rassura en lui répondant : « Je t'ai désigné à cette tâche parce que ce que possèdent tes frères -- savoir et pouvoir spirituel -- tu l'as déjà, par contre ce que tu possèdes toi-même, eux ne l'ont pas » 16. Il faut souligner que la légitimité de al-Hadrâmî, en l'occurrence dans ses rapports avec l'extérieur, était essentiellement basée sur un charisme religieux-confrérique. En somme, la mort de Muhammad Fâdil avait amorcé l'éclatement de l'unité spirituelle. Son premier successeur, Sîdî `Uthmân, maintint cette unité, mais son passage fut éphémère. Un an après la mort de Muhammad Fâdil, ses fils, certainement pour éviter un conflit, choisirent de partager son héritage spirituel, tout en conservant l'unité de la tribu. Paradoxalement, c'est le partage des biens matériels qui marqua l'autonomie spirituelle de chacun des héritiers. Taqiyyu Allâh, qui se distinguait par son influence spirituelle, ne détint pourtant pas le monopole de la direction spirituelle de la confrérie. Chaque fils commença à « travailler à son compte », car il n'y avait aucune autorité spirituelle au sommet pour contrôler le champ d'action de la tarîqa. Toutefois, al-Hadrâmî réussit, grâce à son charisme et à son expérience politique, à conserver l'unité sociale des Ahl at-Tâlib Mukhtâr en s'imposant comme chef tribal et politique. Du consensus à la confrontation Si Taqiyyu Allâh, al-Hadrâmî et les autres frères surent éviter une confrontation ouverte pour le monopole de l'héritage paternel, cependant, la disparition des deux figures influentes après Muhammad Fâdil -- Taqiyyu Allâh et al-Hadrâmî 17 -- laissa le champ libre à une concurrence aiguë entre les descendants de Muhammad Fâdil. Les acteurs principaux qui illustrèrent cette phase de la confrontation furent Sîdî al-Khayr et son neveu at-Turâd. Le premier était le dernier fils de Muhammad Fâdil, le deuxième, le fils aîné de al-Hadrâmî. Sîdî al-Khayr, vu son jeune âge, ne put bénéficier de la formation spirituelle de son père. Adulte, il se dirigea vers le Trârza pour rejoindre son frère Sa'd Bûh qui avait hérité du turban de la science ésotérique (`amâmat `ilm al-bâtin) de Muhammad Fâdil. Ce fut d'ailleurs son père qui, dans une vision, lui ordonna d'aller chez Sa'd Bûh ; Sîdî al-Khayr obtempéra, après avoir refusé plusieurs fois, en objectant que la bénédiction reçue au cours de la visite au tombeau de Muhammad Fâdil lui suffisait. En arrivant chez Sa'd Bûh, il exprima sa reconnaissance et sa soumission spirituelle en composant un poème d'éloge. Son séjour ne dura pas longtemps : Sa'd Bûh lui mit le turban de shaykh et le renvoya au Hawd où il procéda au recrutement de ses propres tlâmîdh. Au bout de quelques années, il réussit à rassembler autour de lui plusieurs branches de sa famille. Le développement de son influence permit à Sîdî al-Khayr d'acquérir une certaine autonomie sociale par rapport à la tribu, officiellement sous la chefferie de at-Turâd w. al-Hadrâmî. Sîdî al-Khayr forma un groupe composé de ses tlâmîdh, des branches de sa tribu et de familles d'origines diverses, émanant, pour la plupart, de petits groupes religieux (zwâya) du Hawd. En revanche, at-Turâd, qui succéda à son père al-Hadrâmî, se retrouva dans une situation embarrassante. L'initiative réussie de Sîdî al-Khayr mettait en cause sa légitimité en tant que chef de la tribu des Ahl at-Tâlib Mukhtâr et khalîfa de la Fâdiliyya. Sîdî al-Khayr ne manifesta pas d'opposition -- du moins ouverte -- à la succession de at-Turâd à la tête de la tribu. Mais tout en reconnaissant le droit à la succession de son neveu, il lui contesta implicitement le droit au monopole de la direction spirituelle, laquelle devenait politique et sociale. Par ailleurs, Sîdî al-Khayr puisait sa légitimité dans sa qualité de fils de Muhammad Fâdil et de disciple de Sa'd Bûh, deux atouts spirituels. Par contre, at-Turâd jouissait d'une légitimité plus marquée par l'aspect temporel que par l'aspect spirituel. Les deux personnages ne purent dissimuler leur rivalité longtemps. Dès la fin du XIXe siècle, ils entrèrent en conflit pour imposer leur autorité. En fait, Sîdî al-Khayr ne visait pas la chefferie de la tribu, mais voulait obtenir l'indépendance des branches des Ahl at-Tâlib Mukhtâr qui étaient avec lui. De son côté, at-Turâd refusait toute scission et s'efforçait de maintenir l'unité de la tribu sous son contrôle. Coppolani, architecte de l'occupation de la Mauritanie, assista à l'un des épisodes de cette confrontation pendant sa mission dans le Hawd. D'ailleurs, c'est sa présence qui provoqua des incidents entre les deux protagonistes. Coppolani entama une mission dans le Hawd en 1899 pour préparer l'occupation de la région ; il choisit de s'appuyer sur Sîdî al-Khayr et at-Turâd pour réaliser ses objectifs : « Je comptais sur ce personnage [Sîdî al-Khayr] et sur son cousin Tourad, pour me préparer les voies chez les Medjdhouf [Mashzûf] et les Allouch campés dans le Hodh. Avec eux, je pensais avoir des appuis sérieux et des guides intelligents » (Coppolani 1899 : 21). Sîdî al-Khayr répondit à l'appel de Coppolani et l'accompagna durant les premières étapes de sa marche. Les tlâmîdh de Sîdî al-Khayr réussirent à convaincre plusieurs chefs de tribus et de fractions de se rendre chez Coppolani pour signer des accords de « paix ». Cette efficacité de Sîdî al-Khayr et sa coopération active lui attirèrent la sympathie de Coppolani. Cette sympathie à l'égard de Sîdî al-Khayr était doublée d'une méfiance envers at-Turâd. Cependant, ce dernier, en observant que son oncle avait pris l'avantage en se proposant comme intermédiaire entre les Français et les tribus du Hawd, se précipita, après quelques hésitations, pour proposer lui aussi ses services. Ainsi, dès qu'il apprit que Coppolani était arrivé au campement de Sîdî al-Khayr, il se dirigea vers lui : « À neuf heures on m'annonce le cheikh Tourad escorté de ses frères et parents. Un taleb à longs cheveux et quatre jeunes gens mendiants se tiennent respectueusement derrière ce nouveau prophète en rébellion. Je vois en lui le chef réel des Taleb-Mokhtar, à l'allure guerrière et indépendante. Il m'offre son chapelet avec ostentation ; j'en distribue quelques-uns à son entourage. J'ai affaire à des religieux sur lesquels des exemplaires du Coran et des chapelets produisent le plus grand effet » (ibid. : 26). L'arrivée de Coppolani dans la région coïncide avec le stade décisif de la confrontation entre les deux personnages, car Sîdî al-Khayr était à la recherche d'un allié puissant pour s'imposer définitivement ; il ne faut pas oublier qu'il était un disciple de Sa'd Bûh et que, certainement, pendant son séjour chez ce dernier dans le Trârza, il observa la stratégie employée par Sa'd Bûh avec les Français pour consolider son influence. P. Marty prétend même que Sîdî al-Khayr se présenta aux Français sous les auspices de Sa'd Bûh, ce qui est fort possible (Marty 1921 : 256). At-Turâd, quant à lui, eut conscience du danger que pouvait représenter cette alliance pour ses intérêts futurs. Il avait refusé, auparavant, de répondre à l'appel de Coppolani, ce qui n'était pas le cas de Sîdî al-Khayr. Cette position de at-Turâd laissa Coppolani très sceptique à son égard, ce qui explique la description ironique que Coppolani emploie chaque fois qu'il s'agit de at-Turâd. La médiation entreprise par Sîdî al-Khayr entre les Français et les tribus hassân du Hawd, notamment la famille émirale de Mashzûf, montre son influence progressive dans la région, son action étant menée sur la base de son charisme religieux. Après la mort de Taqiyyu Allâh, c'est Sîdî al-Khayr qui capitalisa l'héritage spirituel de la Fâdiliyya ; il était le personnage le plus actif dans le Hawd pour la diffusion et la consolidation de la tarîqa, et ce constat affiché par la famille était affirmé également par l'administration coloniale : « Riche et tout à fait grand seigneur [...]. Depuis la mort de son frère Hadrami, il était dans le Hodh le représentant attitré de l'ouird fadeli et le chef suprême des qadirïa de cette voie » (ibid. : 258). Certes, le recours des chefs tribaux à Sîdî al-Khayr, pour faciliter leur contact avec les Français, n'implique pas une allégeance ; néanmoins il signifie une certaine reconnaissance de sa légitimité. Pour Coppolani, Sîdî al-Khayr était à la hauteur de ses espérances ; grâce à lui il put signer des accords de « paix » avec les chefs tribaux les plus redoutés par les Français. Après la réussite de sa rencontre avec Muhammad w. Mukhtâr (chef des Mashzûf), Coppolani écrit : « Ainsi fut définitivement obtenue la réédition des Medjdhouf [Mashzûf]. Une grande joie se remarquait sur la physionomie des notables du Hodh venus à Medgarouah pour attendre, anxieux, le résultat de l'entrevue. On célébra la nouvelle avec de grandes manifestations de contentement. Le cheikh Sidi-el-Kheir fait la prière solennelle entouré de tous et, pour une fois, il est l'imam vénéré des musulmans fervents que sont les Maures. Si Mohammed ould Mokhtar est le grand chef guerrier du Hawd ; pour un instant, du moins, il en est le chef religieux » (Coppolani 1899 : 29). Le succès de Sîdî al-Khayr fut un coup dur pour at-Turâd ; même son prestige de chef tribal fut menacé, surtout à l'intérieur de la tribu. Il faut noter que Sîdî al-Khayr, avant cette mission de Coppolani, avait pris contact avec les Français. En août 1895, de passage à Kayes, Sîdî al-Khayr avait signé un accord avec le colonel Lamary ; le premier paragraphe de cet accord exprime les manoeuvres de Sîdî al-Khayr : « Qu'il soit à la connaissance de quiconque lira cet écrit que le colonel Lamary, gouverneur du Soudan, et Sid el-kheir ben Cheikh Mohammed el-Fadel, frère de Cheikh Saad Bouh ben Mohamed Fedel, et oncle de Torad ben Hadrami, de passage à Kayes, et parlant au nom du chef de sa tribu [at-Turâd w. al-Hadrâmî], au nom de ses frères, en son nom, au nom des autres chefs et au nom de ceux qui suivent leur voie, se sont réciproquement assurés de leur bonne amitié et de la continuation de leurs bonnes relations » (Marty 1921 : 256). Si dans cet accord Sîdî al-Khayr reconnaissait la chefferie des Ahl at-Tâlib Mukhtâr à son neveu -- ce qui n'a jamais été mis en cause --, son initiative de s'engager avec les Français au nom du chef de la tribu, de ses frères et des disciples de la tarîqa constituait en soi une énonciation de ses ambitions politiques. Pour expliquer cette rivalité entre les deux personnages, Coppolani pense trouver la réponse chez la femme de Sîdî al-Khayr ; dans l'intention de le convaincre d'annuler sa visite à at-Turâd, Dalla lui donna les raisons du conflit : « Il [Sîdî al-Khayr] est le fils d'une captive et (avec un mouvement de mépris)... d'une khadem (domestique servante) et les membres de la famille de Mohammed Fadel ne lui pardonnent pas cette origine plébéienne. Cependant, il est le maître, il doit être le maître de tous. Dieu le veut ainsi ! Sa mère l'a laissé en bas âge ; son père l'a beaucoup aimé, mais l'a également abandonné très jeune, n'ayant pour tout soutien que l'étude et la prière. À l'âge adulte, il était déjà taleb savant et vénéré. Devenu homme, il a augmenté en estime et en considération. Son frère Saad-Bou [Sa'd Bûh] lui a donné un troupeau de boeufs, Ma-el-Aïnin lui a fait toutes sortes de cadeaux et, aujourd'hui, tu le vois, les grands du pays s'adressent à lui, le prennent comme intermédiaire ; les humbles le vénèrent. C'est l'unique cause de la haine que Tourad, riche et puissant, a pour son oncle Sidi-el-Kheir » (Coppolani 1899 : 26). Si nous avons abordé cette rivalité à partir de ce témoignage de Coppolani, ce n'est que pour donner un exemple de manifestation de cet antagonisme vu de l'extérieur. Par ailleurs, nous considérons que la présence française dans le Hawd alimentait cette opposition. L'occupation militaire de la région, au début de la deuxième décennie du XXe siècle, contribua à renforcer l'indépendance de Sîdî al-Khayr, sans pour autant affaiblir at-Turâd, qui était reconnu comme chef et représentant officiel de la tribu des Ahl at-Tâlib Mukhtâr par l'administration française. En fait, le découpage administratif du Hawd à cette époque favorisait Sîdî al-Khayr, qui était rattaché au cercle de Walâta contrairement à at-Turâd qui dépendait de Goumbou. Ce partage territorial mit Sîdî al-Khayr hors du contrôle de at-Turâd sur le plan administratif, puisque at-Turâd était le responsable des Ahl at-Tâlib Mukhtâr auprès de l'administration coloniale de Goumbou. Une situation doublement avantageuse pour Sîdî al-Khayr qui vit son groupe s'élargir grâce à ce découpage. Les familles des Ahl at-Tâlib Mukhtâr qui nomadisaient dans le nord (cercle de Walâta) et qui étaient auparavant sous le commandement de at-Turâd, se joindraient à Sîdî al-Khayr -- tout au moins administrativement --, d'autant que cette région était un espace favorable au nomadisme chamelier en raison de ses riches pâturages. Face à ces nouvelles données, at-Turâd, tout en évitant cette fois une confrontation directe avec son oncle et en acceptant l'indépendance de ce dernier, formula son désir de voir son pouvoir s'étendre au-delà du cercle de Goumbou. C'est ainsi qu'il demanda, au début de 1917, l'autorisation de nomadiser dans les zones sahariennes du nord. Il faut reconnaître que le découpage de 1914 ne répondait pas aux réalités des nomades du Hawd qui avaient l'habitude de passer l'hivernage dans le nord, et la période sèche de l'année dans le sud. En effet, les limites instaurées par les Français entre le cercle de Walâta (nord) et les cercles de Nioro, Goumbou, Nara et Sokolo (sud) étaient inadaptées à ce cycle de nomadisme. C'est dans ce cadre que s'inscrivit d'abord la demande de at-Turâd de bénéficier, comme les Mashzûf, du droit de nomadiser dans les pâturages du nord parce que lui-même ne voulait pas se détacher du cercle du sud : « [...] En ce qui concerne les Taleb Mokhtar, c'est leur chef Torad qui a demandé à bénéficier de la mesure prise à l'égard des Mechjdouf. Il paraît difficile de lui refuser satisfaction après ses nombreuses requêtes à ce sujet, et alors surtout qu'il vient de s'employer très activement à combattre le mouvement de dissidence poursuivi dans le Hodh au cours de ces derniers mois par les Ahel Sidi. Il s'est du reste abstenu, en formulant sa demande, de parler des campements de son oncle Sidi El Kheir. Tout en prenant la décision de principe rattachant les Taleb Mokhtar à Nara on pourrait autoriser la fraction de ce dernier à conserver les terrains qu'elle occupe actuellement » 18. Si cette demande d'autorisation de droit de nomadiser au nord, formulée par at-Turâd, était motivée essentiellement par des raisons économiques, elle eut néanmoins un impact social et politique dans la mesure où at-Turâd visait à exercer son autorité sur les Ahl at-Tâlib Mukhtâr qui nomadisaient déjà dans cette région et qui étaient plus proches de son rival. Les groupes fractionnels composant les Ahl at-Tâlib Mukhtâr se sont alliés