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Bouchayer-Viallet
Cet article tiré sous autorisations du beau livre "Savoir-faire de l'Isère" est disponible à la vente sur www.autrevue.net.
Joseph BOUCHAYER, fils d'un artisan cloutier, après une formation en mécanique, charpente métallique, chaudronnerie et fonderie, prend la direction des ateliers d'Hippolyte BOUVIER à l'âge de 24 ans.
Ambitieux, il s'associe avec Félix VIALLET en 1870 et crée sa propre entreprise qui compte rapidement près de 300 employés. Il meurt en 1898, laissant à ses héritiers, une entreprise industrielle prometteuse, située sur les rives du Drac.
En 1900, son frère, Hippolyte BOUCHAYER, fait l'acquisition du pavillon EIFFEL de l'Exposition Universelle de Paris. Installé à Grenoble, l'édifice devient alors l'usine A : « la halle des machines », complétée cinq ans plus tard par l'usine B : « l'atelier de soudure », doté d'une gigantesque nef de fer et de verre alliant élégance et légèreté.
À la même époque, suite aux avancées technologiques d'Aristide BERGES en matière d'hydroélectricité, la Direction décide de s'orienter vers la construction de conduites forcées utilisées dans ce type d'installation. L'entreprise acquiert rapidement un savoir-faire tel qu'il lui permet d'accéder à la position de leader européen du secteur.
Devenu l'un des personnages importants du département de l'Isère, Félix VIALLET, est élu Maire de Grenoble, fonction qu'il occupera de 1908 à 1912.
Durant la Grande Guerre, les usines BOUCHAYER-VIALLET fabriquent des obus, et emploient jusqu'à 3000 personnes dont 1000 femmes.
Mais en 1917, Aimé BOUCHAYER, successeur d'Hippolyte à la tête de l'entreprise familiale, pressent que cette situation cessera bientôt. Dans l'optique de proposer un emploi aux hommes démobilisés tout en conservant son personnel féminin, il rachète la fabrique de chocolat DAUPHIN alors en difficulté, et y installe une chocolaterie moderne. Après l'Armistice, Aimé BOUCHAYER accélère donc la construction de la chocolaterie, commande des machines suisses, prépare le transfert de 600 ouvrières et trouve un directeur compétent en la personne de Félix CARTIER-MILLON, anciennement à la tête de l'entreprise familiale LUSTUCRU.
Cependant, les armées françaises et américaines n'honorant pas leurs promesses d'achat de chocolats, l'entreprise se retrouve rapidement dans une situation financière
catastrophique. Aimé se résout donc à céder la belle usine toute neuve à un chocolatier de renom : CÉMOI.
Fort heureusement, dans le même temps, l'activité de conduites forcées s'avère florissante et permet d'assurer la pérennité de l'entreprise, durant près de trente ans.
Dans les années 50, concurrencé par les firmes étrangères de plus en plus compétitives, les établissements BOUCHAYER-VIALLET enregistrent une baisse des commandes entraînant la fermeture progressive des usines.
Sauvé par le Groupe SCHNEIDER, qui en 1964 rachète l'entreprise, BOUCHAYER-VIALLET survivra jusqu'en 1993, date à laquelle elle ferme définitivement ses portes.
Avec elle disparaît l'un des fleurons de la révolution industrielle en Isère.
De nos jours, reste de cette belle aventure humaine et industrielle, un site de 8,5 hectares à qui il faut désormais inventer une nouvelle histoire. Conciliant divers intérêts, cette reconversion doit s'étaler sur une dizaine d'années et satisfaire des entreprises de la nouvelle économie et certaines institutions culturelles. |  |
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