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Les carnets des rêveurs d’Afrique : Ouled Driss, Tazarine, Errachidia, Azrou
 [800x600] - reduce.JPG) | Ouled Driss – Tazarine, Samedi 14 avril
Hier, Mohamed, le responsable de l’association de Ouled Driss nous a accompagné pour un feu de camp sur les dunes de sable. Il nous a éclairé sur certaines facettes du Maroc.
Nous visitons, ce matin, le village de Ouled Driss avec Kiki, le gardien de l’école, gérant du cybercafé, et vendeur de poules. Le contraste criard de Ouled Driss est un reflet des développements inégaux du Maroc. Le rue centrale voit passer des 4X4 de touristes venus goûter à une aventure sans surprises, les boutiques de boissons fraîches, de balades à dos de dromadaire, les échoppes de souvenirs mélangeant pêle-mêle les artisanats touaregs, berbères, et même indiens, les hôtels climatisés, les campings pour la jeunesse marocaine des villes (avec piscine, pour parfaire au comble de l’improbable)… quelques mètres plus loin on entre dans ce que l’on serait tenté de qualifier de « vrai » Ouled Driss : façade de terre rouge, ruelles étroites et imbriquées dans un dédale de murs fissurés, érodés, en semi abandon… les vieilles maisons n’abritent que les gens qui n’ont pas les moyens de quitter Ouled Driss. |
| | L’agriculture qui nourrissait la région est asséchée par le manque de pluie et le barrage de Ouarzazate un peu en amont. Sur cet injuste développement viennent se greffer les tensions éthniques, éternelle incompréhension entre les hommes.
Les arabes et les berbères se jalousent. Les enfants-mendiants importunent les touristes qui se pavanent dans les atours de la société riche à laquelle ils appartiennent. La société de consommation passe en 4X4 climatisé et ne comprend pas les regards qui la fustigent.
Quel est le sens d’une action solidaire ? Il est clair que l’action de notre association, ici, est partielle, inégale, imparfaite. Mais elle est utile. Doit-on rechercher l’Action Juste ou agir, tout simplement ? Le débat est vaste et je vais me contenter ici de reprendre notre chemin.
Nous remontons dans nos bolides en direction de Zagora. Nous entrons sur la piste Zagora – Tazarine. Caillou, roche et rochers. La piste chaotique menace nos voitures, déjà bien éprouvées. Nous nous scindons en deux groupes, l’un poursuis sur la piste, l’autre, dont je fais partie, reprend une route plus sage.
Le décor est minéral. Les collines de roches sédimentaires encerclent l’immense plaine. Deci delà les tentes éparses des nomades qui gardent les troupeaux de brebis. Les oasis décorent cet environnement minimaliste d’une auréole de vie végétale.
Nous bivouaquons au pied d’une dune. Les buissons aux épines acérées se disputent les traces d’eau aux palmiers. La nuit nous recouvre. La voûte céleste brille ici de mille feux et nos songes voguent dans ses confins éthérés.
Rêveurs d’Afrique
Tazarine – Errachidia, Dimanche 15 avril
L’embêtant quand on bivouaque à coté d’une nappe de sable, c’est qu’il faut non seulement y rentrer mais aussi en sortir! Au petit matin, il faut franchir quelques centaines de mètres de sable mou. La technique est simple : on dégonfle les pneus de nos 4L et on passe à fond, en maintenant le cap avec le moins d’à-coups possible.
Nous gagnons la route et traversons des contrées minérales qui feraient le paradis d’un géologue : plissements, stratifications, falaises, cuestas, failles, fossiles, géodes, quartz … de quoi en prendre plein la vue et plein les pneus. Parfois, nous croisons des troupeaux de dromadaires qui semblent occupés à se repaître de cailloux.
Au fond de cette immense plaine aride, Errachidia est un brutal rappel à la modernité. Rues propres, organisées, entretenues, contrôles radar à la jumelle, femmes habillées à l’européenne… nous étions en train d’oublier cette facette du Maroc, aux portes de l’Europe. Ici, le grand Oued Ziz est capté pour irriguer les immenses palmeraies plantées de cultures maraîchères. La ville grandit au rythme effréné des complexes hôteliers qui fleurissent à ses abords.
Nous faisons route vers Midelt ou nous faisons halte à la sympathique auberge Jurassic (leur couscous est fameux). Vers 21 heures le reste de notre troupe, éreintée par 36 heures de piste et de route, nous rejoint… crevaisons, ensablements, une longue journée se termine pour eux.
Rêveurs d’Afrique
Errachidia – Azrou, lundi 16 avril
Nous sortons d’Errachidia en longeant le Ziz. Celui-ci s’enfonce dans le manteau rocheux de l’Atlas par des crevasses parfois profondes, ou s’engouffre l’agriculture.
En arrivant à Midelt, nous rejoignons la mission des sœurs franciscaines installée là bas. Ces dernières aident les familles berbères en leur donnant l’accès à l’éducation et à un travail décent. Nous leur donnons les affaires qu’il nous reste : quelques vêtements qui seront bien utiles à ces familles.
Notre route grimpe dans l’Atlas et nous entrons dans les forêts de cèdre. Entre pins et cèdres, la végétation rappelle ici les massifs des Maure et de l’Esterel. Nous prenons une piste pour rejoindre un itinéraire un peu moins touristique en direction d’Azrou. La piste est chaotique. Nos 4L grondent et passent cette nouvelle épreuve, avec quelques remontrances toutefois : les ventilateurs tournent à plein régime, les carburateurs crachotent, les bas de caisse en ont raz le bol de se faire mal traiter par les rocailles.
La pluie nous menace, nous devons passer le col en vitesse sous peine de nous enliser dans la boue. Au détour d’une colline nous retrouvons finalement le bitume alors que le ciel s’emballe : le vent se lève, il pleut, puis grêle et neige même un peu. Le paysage est bucolique : herbages éclatants, troupeaux de brebis, forêts de résineux, des cigognes se perchent sur le toit des maisons et parfois des oueds qui serpentent le long des falaises.
Nous traversons la forêt des singes (sans les y rencontrer toutefois) et nous redescendons vers Azrou. La ville ressemble à s’y méprendre à une ville Européenne : toits de tuile, murs de crépi ocre, fermes de polyculture… elle a en effet été construite par des européens et sert de villégiature à nombre d’entre eux. Nous nous installons donc dans un camping qui ressemble à une ferme normande.
Rêveurs d’Afrique
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(20 Avril 07 à 22h02)      |
| On est avec vous... |
C'est super car lire vos nouvelles c'est un peu comme si on était avec vous ! Toune semble avoir bien traversé le désert et
a appris à manger le couscous avec les mains. N'oubliez pas de rentrer, dimanche on vote! : |
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