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Les carnets des rêveurs d’Afrique : Telouet, Ait Benadou, Zagora, Ouled Driss
 [800x600] - reduce.JPG) | Telouet – Ait Benadou, Mercredi 11 avril
Ce matin, Rodolphe et Alfred font réparer leur roue, Philippe trouve quelques litres d’essence, nous visitons la boutique de tapis (il fallait bien que ça arrive un jour) alors que le soleil inonde les collines arides, changeant la froide nuit en douce aurore, présageant une journée torride.
Une douche d’eau chaude – suprême concession au confort – et en route. La piste débute dans un décor grandiose et austère. Les collines évoquent tour à tour des images de la steppe aride de Mongolie, et les roches acérées des canyons à la Sergio Leone. Dans le fond de la vallée l’oued est une veine de verdure dont chaque once d’eau est la source d’un champ de céréales ou d’un bosquet de palmiers.
La piste se corse par moments. Les ravines sont plus profondes, les roches tranchantes menacent les bas de caisse et les pneumatiques. Cloc ! Clang ! Bing ! Les tôles résonnent des caillasses projetées. Point mort, première, deuxième, première, arrêt, première… kof kof. Je suis le premier à caller en pleine montée. Qu’à cela ne tienne, on pousse. Les moteurs râlent, soufflent, fument mais passent. Les capots chauffent. Les éboulis sont écrasés, roulés et projetés par nos destriers. Martine, ma copilote, se retrouve à pied et me guide sur les points délicats. Christine sort son appareil photo pour immortaliser nos exploits. |
| | De nombreux 4X4 croisent notre route. Les passagers et les chauffeurs nous regardent parfois avec des yeux ronds. « Jamais vous passerez avec vos voitures. Même les 4X4 ont des difficultés. » nous disent les uns. « Ca passe », affirment les autres. Nous envions les paisibles ânes qui ne se soucient pas de ces considérations là. Notre troupe fait halte pour examiner notre 4X4, dont un cardan donne des signes de faiblesse. Mais rien ne nous arrête.
Badaboum. Une roche saillant vient d’heurter de plein fouet notre bas de caisse. Le carter sérieusement froissé mais pas de souci mécanique. Le paysage est désormais lunaire et accidenté. Nous arrivons à un col où des vendeurs de souvenirs attendent les 4X4 de touristes. La piste se met à dévaler la pente désormais forte, faite de roches instables, de trous, de bosses, et de ravines. Les 4L prennent leur souffle et descendent. Martine me guide dans cette chevauchée lente mais chaotique. Les bruits de choc sur la tôle rythment désormais chaque mètre de plus. Poussière partout, odeurs d’huile brûlée, essence surchauffée, courroies écartelées. Les 4L finissent par vaincre la descente sans avarie majeure. Martine me remplace au volant car la piste et l’étroitesse de l’habitacle des 4L ont fini par me filer une crampe. La piste redevient sage et se glisse entre les villages où des légions d’enfants courent autour de nos voitures (qui roulent au pas). Christine filme nos spectaculaires traversée des guets et encourage les pilotes.
La piste débouche sur Aït Benadou, village spectacle. Les fourgons entiers de touristes nous paraissent tout à coup incongrus. Aït Benadou est un village berbère magnifique. Les architectures raffinées, l’oued et ses palmeraies, les édifices historiques en ont fait une place de choix de l’industrie cinématographique, qui est venue y tourner une quarantaine de films (dont Kingdom of Heaven et Gladiateur pour les plus récents).
Nous bivouaquons au pied d’un marabout (mausolée bâti en l’honneur d’un saint homme) dans le vent glacial qui déferle dans la vallée. Un chien errant décide de monter la garde sur notre campement et nous dormons avec tranquillité.
Rêveurs d’Afrique
Aït Benadou – Zagora, jeudi 12 avril
Notre chien de grade est toujours là à notre réveil (les restes de notre repas de la veille n’y sont pas étranger). Direction Ouarzazate, d’où nous envoyons quelques carnets de voyage.
Le paysage est désormais désertique. Les roches et le sable ne laissent apparaître que des touffes d’herbes à l’exception des quelques résurgences d’eau qui forment des oasis plantées de palmiers. Lors de la halte casse-croûte, Gilles fait le baptême de nos 4L en s’enlisant dans du sable non tassé sous les ovations des spectateurs (nous).
Nous franchissons un col et entrons dans la vallée du Draa. La vallée du Draa semble un pied de nez au désert ; langue de verdure, où la richesse des cultures a fait naître de nombreux villages. Nous suivons le Draa en empruntant la piste (plus calme que celle de la veille). Les moteurs souffrent de la chaleur. Christine et Martine, nos copilotes, ouvrent la route en écartant les enfants, nombreux le long de la route et que l’on risque de blesser à notre passage. Nous roulons au pas.
Nous traversons le Draa pour reprendre la route en direction de Zagora. Ce soir, nous optons pour le camping car nous sommes maculés de sable et nous souhaitons être présentables demain, à Ouled Driss.
Rêveurs d’Afrique
Zagora – Ouled Driss, vendredi 13 avril
Au lever du jour le chant des oiseaux et le braiment des ânes nous réveille.
Nous touchons au but, les quelques kilomètres qui nous séparent de Ouled Driss sont vite avalés. Le paysage est bel et bien désertique, la chaleur devient pressante, les palmiers se font désormais bien rares. Nous croisons quelques dunes et quelques dromadaires.
Enfin, nos 4L peuvent crier victoire : nous entrons dans Ouled Driss, petit village précédant H’mamid.
Les responsables de l’association sur place nous attendaient. Nous déchargeons les 4L des quelques trois mètre cube de colis qui leur reviennent : cartables, chaussures, livres, fournitures, ordinateurs. Tout est arrivé à bon port. Nous buvons tous ensemble le traditionnel thé à la menthe.
Nous sommes surpris par Ouled Driss. La ville est moins isolée que nous ne l’imaginions. Nous sommes aux portes du désert et les campings ont fleuri pour proposer aux nombreux touristes des balades dans le désert à dos de dromadaire. Cependant, cette activité profite aux propriétaires des campings et autres tour-opérateurs qui, bien souvent, n’habitent pas Ouled Driss. Cette bourgade est une nouvelle laissée pour compte du développement. Notre aide permettra aux enfants d’avoir accès à une éducation à laquelle ils n’auraient pas eu les moyens d’accéder.
Nous profitons d’un excellent tagine olives-poulet avant d’en arriver à notre nouveau défi : le retour. Nous dissertons sur le programme à venir. Je cherche un cybercafé pour vous transmettre ces quelques lignes alors que nous n’avons pas encore arrêté notre choix. Ce qui est sur, c’est que ce soir nous campons dans les dunes. La nuit du désert portera conseil.
Rêveurs d’Afrique |
(16 Avril 07 à 16h43)      |
| bravo |
Bravo pour l'initiative, c'est super.
Et également un grand bravo pour tes talents de conteur Olivier, même si c'est pas vraiment un scoop pour moi.
On se voit à ton retour pour un thé à la menthe en regardant les photos que tu ne manqueras pas de montrer.
Guilhem
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(13 Avril 07 à 21h46)      |
| Bravo |
| Bravo les filles, bravo Alfred, bravo les communaux ! La moitié est faite, l' autre sera encore plus facile ; courage, le bercail est au bout !!! |
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